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Roman Arezki Metref- "Les Jours inquiets"

Date de création: 28-07-2026 19:45
Dernière mise à jour: 28-07-2026 19:45
Lu: 18 fois


RELATIONS INTERNATIONALES- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN AREZKI METREF- « LES JOURS INQUIETS »

Les jours inquietsRoman de Arezki Metref. Casbah Editions, Alger 2026, 254 pages, 1300 dinars

 Une histoire de rencontre (à l’étranger) , d’amour, de séparation et, peut-être, plus tard,  de retrouvailles comme notre jeunesse  en a connu par centaines.

Celle-ci  a une autre dimension car se déroulant sur un fond politique (idéologique) assez particulier. Lorsque le monde se conjuguait bien plus clairement que maintenant en blocs idéologiques assez distincts l’un de l’autre : le capitaliste, le socialiste et .....les non-alignés.

Berlin-Est, hiver 1980. Un jeune journaliste algérien, engagé mais critique (un autre alignement) y est officiellement invité pour un court séjour (trois mois) de « formation ». Le brasier des étés d’Ariwa (son douar natal où habite toujours sa maman, Magdouda )  dans une ville figée dans le givre.Le froid, la neige, mais aussi et surtout une vie quotidienne sous surveillance . 

Rencontre d’une étudiante allemande aux yeux d’azur et à l’âme en miettes, Gaby.  En principe, un amour « interdit ». Il sera plus fort que tout.

En Algérie, la terre a tremblé  et Ariwa s’effondre entraînant la mort de la maman.

Neuf années plus tard, après la séparation, le monde a changé, le Mur s’est lézardé mais pas encore totalement écroulé. Et, hasard heureux, c’est le retour en Rda........Toujours la même ambiance sans la grande euphorie, le système chancelant.

Retrouvailles. Gaby marié.....et une grosse surprise. Magdouda est « revenue » . Certainement pour reprocher à son fils de ne pas voir assister à son enterrement et de l’avoir (quelque peu) oublié.

 

 L’Auteur : Né le 21 mai 1952 à Sour El –Ghozlane. Sciences Po’ Alger. Journaliste -chroniqueur(El Moudjahid, Algérie Actualité, Horizons, Nouvel Hebdo, Le Soir d’Algérie...) , écrivain, poète,documentariste,       auteur de plusieurs recueils de poésie , de nouvelles et  de romans  , de pièces de théâtre , d’essais  ......

Extraits : « Finalement, la vie des hommes se bornait à des murs.On les construit pour se distinguer des autres et on les détruit quand on estime qu’ils nous distinguent trop. Parfois , ce sont des forces incompréhensibles qui les détruisent, introduisant même des différences dans cet acte irrationnel » (pp 66-67), « Ils veulent que je ne te quitte pas d’une sememlle.Ils ?Pas besoin de demander qui. C’était houma, les fameux « eux » du murmure algérien, l’hydre qu’on ne nomme pas de peur qu’elle se mette à bouger en entendant son noim » (p 79), « Même fréquenté par les passagers de l’ouest (note : de Berlin), le Linden Corso n’était différent des autres dancings que lorsque les Huns débarquaient vaillamment.Ils mettaient cette ambiance chaotique à laquelle n’était pas habituée la civilisation de l’angle droit et de la géométrie des convenances » (p 151), « I like you, c’est sûr, ce n’est pas I love you mais c’est de la même famille , tout de même » (p 163), « Avec ces traits d’homme blanc, fruit des mélanges et des mixités qui peut-être remontainet jusqu’aux Vandales, partis d’ici pour détruire la moitié de l’Europe et l’Afrique du nord, j’avais erré , moi aussi , dans l’exil de ceux qui ne sont jamais à leur place « (p 254)

Avis :Il n’ y pas un seul et unique amour. Pour la mère, pour une jeune femme, pour ses amis, pour son pays, pour sa culture, pour son idéologie......La géographie des sentiments est si complexe et si puissante. Heureusement , pour s’y retrouver, il y a l’écriture d’un auteur qui jongle , avec brio, avec les mots et les phrases.

Citations : « La vie ne bascule jamais sans prévenir » (p 43), « Quand tu chevauches une faille sismique, un pied sur chaque plaque tectonique, tu finis par t’assoupir » (p 59), « Attirer deux séismes au même emplacement, sur deux générations successives, c’est avoir les faveurs du hasard » (p 67), « Les langues, comme les ingrédients en cuisine, ne sont-elles pas plus savoureuses mélangées ? » (p142), « Aimer, mourir, mourir d’aimer, impuissance à vivre et force de mourir pour la même et unique raison : l’amour ! »( p 166), « On ne choisit pas plus son pays qu’on ne choisit sa mère.Et pourtant,on l’aime,  sa mère, forcément.Même si  on ne l’a pas choisie.Alors, pourquoi pas son pays ? «  (p 169), « Ôter le nom, dé-nommer, c’est anéantir. « Ils » tuent l’ombre, allant jusqu’à lui enlever le nom qui la désigne .Même le néant a un nom.Et s’il n’en avait pas ? (p 183), « On finit poussière, et ne serait-ce que le souvenir des proches qui fait la différence, on se retrouve réduit aux quelques lettres de l’épitaphe gravée sur la pierre tombale » (p 229)