RELATIONS
INTERNATIONALES- FRANCE- ALGERIE.FRANCE/ENTRETIEN PRESSE NATIONALE A.TEBBOUNE, LUNDI 27 JUILLET 2026
© Commentaire
El Moudjahid, F.A,
mardi28 juillet 2026
« À
l’heure où les états-majors des partis politiques de l’extrême-droite française
et, accessoirement, de certains partis de la droite et du centre, animés par la
tentation irrésistible de faire de l’Algérie et des Algériens un marchepied
électoral en prévision de l’élection présidentielle de 2027, multiplient les
sorties médiatiques, les publications sur les réseaux sociaux et même les
interventions au sein des institutions françaises pour faire porter aux
Algériens la responsabilité de tous les malheurs de la France, le président de
la République a décidé de répondre fermement à certains contrevérités — pour ne
pas dire mensonges — distillées çà-et-là à des fins électoralistes. Ainsi, et
après que l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet,
eut déclaré que son pays allait augmenter progressivement le nombre de visas
pour les ressortissants algériens pour arriver à un total annuel de 250.000,
des voix de l’extrême-droite et assimilés s’étaient empressées de protester
contre ce chiffre qu’elles jugent exorbitant, poussant l’outrecuidance jusqu’à
accuser le gouvernement français de céder à des exigences de l’Etat algérien.
Des voix qui, dans un scénario de victimisation indigne, ont dénoncé également
la loi criminalisant le colonialisme, adoptée en mars dernier par l’Assemblée
populaire nationale (APN), y voyant un instrument d’extorsion de fonds à l’Etat
français sous forme d’indemnisation pour les crimes coloniaux passés. Or ces
allégations sont basées sur des spéculations pour certaines et sur des préjugés
pour d’autres. Au cours de la rencontre périodique qu’il a eue avec des
représentants des médias, le président de la République a tenu à asséner «
trois choses » devant l’opinion publique. « Je les réaffirme pour les
Algériens, avant nos amis Français », précise-t-il. Première vérité : « Le
Président algérien n’a jamais demandé un quota de visas ou un nombre de visas
ou parlé de visas ». Il l’a déclaré en français, probablement pour que ce
message, on ne peut plus affirmatif et solennel, soit entendu et compris sans
aucune forme d’ambiguïté par les intéressés en France. En somme, il n’y a
jamais eu marchandage sur un nombre donné de visas. Les 250.000 visas annuels
annoncés par l’ambassadeur de France en Algérie constituent donc un objectif
fixé par l’Etat français, sans aucune ingérence ou pression de l’Etat algérien.
Deuxième vérité assénée par le président de la République : « Je n’ai jamais
demandé d’excuses. » Cette vérité était déjà connue et annoncée depuis le 29
décembre 2024, à l’occasion du discours à la Nation prononcé par le président
devant le Parlement réuni avec ses deux chambres. « Nous ne demandons pas des
excuses, mais il faut reconnaître les crimes commis », avait-il déclaré ce
jour-là. « Il y a eu un génocide commis contre le peuple algérien durant la
période coloniale dans plusieurs régions telles que Zaâtcha
et Laghouat, les 45.000 martyrs des manifestations du 8 mai 1945, les autres
massacres perpétrés, les enfumades, ainsi que les 500 crânes détenus par la
France, dont nous n’avons récupéré que 24 », avait-il rappelé, ajoutant que «
les Algériens ont un droit imprescriptible et ils exigent la reconnaissance des
massacres commis par le colonisateur ». Troisième vérité, subséquemment à la
deuxième : « Je n’ai jamais demandé d’indemnisation. L’Algérie ne fera jamais
la manche.» Là encore, il ne s’agit pas d’un scoop
puisque le président de la République l’avait martelé à l’occasion du discours
susmentionné : « La valeur de nos martyrs tombés durant la résistance et la
glorieuse Révolution de libération est bien plus précieuse que des milliards de
dollars. Je ne demande pas à l’ancien colonisateur de réparations matérielles,
mais bien la reconnaissance de ses crimes. » Evoquant les dégâts humains et
matériels provoqués par les essais nucléaires effectués dans le désert
algérien, il a ajouté : « Ne nous donnez pas d’argent, mais venez nettoyer les
sites que vous avez contaminés. » Preuve que ces vérités ne sont pas de simples
paroles : elles ont été consacrées par la loi n° 26-10 du 12 mai 2026 relative
à la criminalisation du colonialisme français en Algérie. En effet, la version
initiale de cette loi votée par l’APN comportait des articles exigeant des
excuses de l’ancien colonisateur ainsi que l’indemnisation des victimes, mais
le Conseil de la Nation avait retoqué ces articles au motif qu’ils étaient en
porte-à-faux par rapport aux orientations du président de la République qui
exigeaient simplement une reconnaissance des crimes coloniaux. L’APN a alors
adopté la version amendée de la loi où il n’était plus question d’excuses et
d’indemnisations. Alors que des pays colonisés ou victimes d’exactions commises
par des puissances coloniales ont bénéficié – à juste titre – d’indemnisations,
l’Algérie préfère se comporter en grand seigneur en exigeant uniquement de
l’ancien colonisateur de reconnaître ses crimes et de venir nettoyer les sites
nucléaires. Plus de 60 ans après l’indépendance, l’Algérie ne se rabaissera pas
à faire la manche. Contrairement aux candidats de l’extrême-droite et assimilés
qui font la manche pour obtenir des voix, souvent dans l’indignité ».
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