POPULATION-
MARIAGE- MARIAGES ALGÉRIE /ONS 2026
Le
nombre de mariages est en déclin et celui des divorces augmente. Ce phénomène,
relevé dans son dernier rapport par l’Office national des statistiques (ONS),
qui met en exergue les effets des changements sociaux sur cette vieille
institution depuis quelques années. «Enclenchée depuis
2014, la baisse de l’effectif des mariages se poursuit avec un rythme plus
accéléré en 2020», relève d’emblée le rapport de l’ONS. «Les
bureaux de l’état civil ont enregistré 285.000 unions au cours de l’année 2020,
soit une baisse relative de plus de 10% par rapport à l’année 2019», lit-on
dans le document. La tendance s’est inversée l’année suivante avec 315.000 unions. «Depuis de 2022, la baisse se poursuit pour atteindre
278.664 unions en 2023. Cette baisse affecte également le taux brut de
nuptialité qui s’établit à 6,0‰ en 2023, soit le même niveau atteint au début
des années 2000», indique le rapport de l’ONS. Cela se
confirme au service des mariages de l’APC de Tizi-Ouzou. Selon le responsable Karim Kachtel, «on est passé de 1.104
mariages en 2024 à 1.027 en 2025». «Au 26 juillet
2026, nous avons enregistré 507 mariages contre 509 en juillet de l’an
dernier», a-t-il ajouté. De nombreux propriétaires de salles des fêtes
partagent son constat. «Par le passé, on jouait des
coudes pour trouver une date aux nouveaux couples notamment en eté, depuis deux années au moins, les demandes se font
moins pressentes», assure l’un d’eux. Et de faire remarquer que les cortèges
nuptiaux sur les routes sont moins fréquents. «On en
croisait une dizaine voire une vingtaine les week-ends, voire durant la semaine.
Aujourd’hui, on peut les compter sur les doigts de la main»,
relève-t-il. Pour l’un et pour l’autre, la pandémie de la Covid-19 a été un
tournant. Le rapport de l’ONS a souligné que nonobstant, son effet
conjoncturel, «cette baisse continue de la nuptialité
conforte une fois de plus l’hypothèse de l’impact de la modification de la
structure par âge de la population sur le recul du volume des mariages». «Cette tendance baissière est expliquée par une évolution
des priorités chez les jeunes qui privilégient désormais l’autonomie
personnelle, les études et l’insertion professionnelle au détriment d’un
engagement familial précoce», soutiennent les rédacteurs. Et de préciser que «cette mutation se traduit par un recul de l’âge moyen au
mariage : 27 à 30 ans pour les femmes et 31 à 34 ans pour les hommes alors que
l’on se mariait plus jeune par le passé».
Les difficultés économiques (crise du logement et cherté de la vie, la
hausse de la dot nuptiale et des prix de la location des salles) expliquent
pour une grande part cette situation. A ces phénomènes s’ajoute celui du départ
important, voire massif, à l’étranger de nombreux jeunes en âge de se marier
pour poursuivre leurs études ou s’y installer. Le revers de la médaille est
dans le nombre effarant de divorces qui enregistrent une courbe exponentielle.
En effet, toujours selon l’ONS, «le taux de divorce a
explosé, passant de 20,9% en 2019 à 33,5
% en 2023, où 93.000 divorces ont été enregistrés devant les tribunaux». «Un mariage sur trois finit par un divorce ces dernières
années. Une réalité induite par les changements dans la société qui commence à
briser le tabou du divorce», indique son rapport.