CULTURE-
BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI SAAD SAID- « AMAR EZZAHI.... »
Amar Ezzahi.Une
légende de renouveau de la chanson « châabi ».Essai de Saad Said. Editions El Qobia, Alger
2025, 111 pages, ?????dinars
Amar
Ezzahi, « ‘Amimer », est décédé le 30 novembre 2016 à l'âge de 75 ans, .
Là où il a toujours vécu .....Rampe Vallée
(Alger), son quartier d’adoption, entre Casbah et Bab El Oued, c’est-à-dire là
où il a grandi auprès de sa mère et de ses grands parents,
à partir de l’âge de 9 ans, là où il a découvert la musique, sous toutes
ses dimensions et de tous les horizons, là où il avait tous ses amis, là où il
était entouré d’affection et d’admiration. D’affection car il était un homme
simple, humble fils du peuple, compréhensif, ouvert sur le monde et
généreux.D’admiration car il
a promu une chanson « Châabi »
exceptionnellement novatrice, recueillant assez vite les suffrages des foules,
tout particulièrement des jeunes. Un véritable « maître enchanteur ».
Amar
Ezzahi, est né Amer Ait-Zai
un 1er janvier 1941 au village d’Ighil
Bouamas (Iboudrarène/Beni Yenni/Tizi Ouzou) , berceau d'une
autre icône de la chanson algérienne, Lounis
Aït-Menguellet.
Ce
fut, peut-être, l’artiste le moins médiatisé sur
la scène nationale.....en raison un peu de sa timidité (une timidité
presque maladive héritée de l’enfance) mais ,surtout, de sa
farouche volonté de demeurer loin des caméras et des feux de la rampe.Il détestait la célébrité et il la fuyait. Alors
qu’il maîtrisait parfaitement ses sujets, ce qui faisait que son passage , par exemple , à la radio, interviewé, il captait
tout de suite, et jusqu’à la fin, l’attention des
auditeurs. A vrai dire, Amar
Ezzahi ne s'est presque jamais confié à la presse. Et
quand il s'est exprimé çà et là au gré de quelques vidéos enregistrées lors
d'occasions différentes, c'est pour ne balbutier que quelques mots qui
laissaient tout le monde sur sa faim.
Bien
sûr , le Chaâbi a connu bien des vedettes, mais Amar Ezzahi sera celui qui va donner, durant les années
69-70, à une période où le « Chaâbi » était en perte de vitesse
et d’audience face à la musique orientale et au Rai naissant , une
seconde vie , car plus vivant, plus doux , plus léger, plus varié dans les
modes et une voix qui plaît aux jeunes .Il avait su écouter les mélodies
de Mahboub Bati. Et, il a su porter l’héritage de Hadj M’hamed El Anka vers des sommets de spiritualité et d’improvisation .De plus, maîtrisant parfaitement le sens des mots
et la langue populaire, avec des textes très imagés et proches du roman, il
avait très vite capté l’attention des jeunes .....et des moins jeunes, du
quartier....... et d’ailleurs.Bref , un « Châabi »
qui bouleversait les âmes.
L’Auteur : Né en 1955 en Kabylie.
Etudes en langues étrangères, traducteur de formation puis journaliste à l’Aps (Algérie Presse Service)durant 32 ans .Grand
reporter spécialisé , il a été , aussi,
correspondant permanent de presse à Londres. A
déjà publié plusieurs romans.
Table des matières :Préface/Remerciements/ Avant-propos/ 10 chapitres (dont une
revue de presse et quelques photographies de l’artiste)/
Extraits : « C’est
l’artiste le moins médiatisé sur la scène nationale, non pas qu’il fut oublié,
ou sous-estimé, mais en raison de sa volonté farouche de demeurer loin des
caméras et des feux de la rampe » (p15), « Oui, Ezzahi
était un mythe.Il fait partie de la légende.Un mythe qui dépasse le cadre restreint de la
chanson » (p19), « Une vie faite de travail, de persévérance dans la
recherche de l’excellence , de rigueur et d’authenticité » (p38),
« Il a introduit un nouveau genre de « châabi »,
un « châabi » plus vivant, plus doux, plus
léger et plus varié dans un mode qui plaît aux jeunes.Une
nouvelle forme de musique populaire était née » (p 39), « Il a su
attirer vers lui la jeunesse en quête d’amour, de rêves et de
compréhension » (p 51)
Avis :La vie d’un très grand artiste de Chaâbi, créatif,
modeste, généreux, et à la vie exemplaire.A noter que
déjà, plusieurs ouvrages retraçant sa carrière ont été publiés dont celui de
Abdelkader Bendamèche.C'est tout dire !
Citations : « Son drame était d’être devenu ce qu’il était
devenu : une véritable star » (p 85), « Il n’a pas eu de famille.Sa famille était ses amis,
ses voisins, il n’avait personne d’autre au monde.Il
faisait partie de notre maison, de notre chair » (p 91)