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Elections législatives , juillet 2026/Représentation féminine

Date de création: 21-07-2026 13:40
Dernière mise à jour: 21-07-2026 13:40
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VIE POLITIQUE- ÉLECTIONS- ÉLECTIONS LÉGISLATIVES JUILLET 2026/REPRÉSENTATION FÉMININE

 

©Nadia Kerraz/ Horizons, dimanche 19/7/2026

 

9.854 candidats à travers les différentes circonscriptions électorales du territoire national se sont présentés aux dernières élections législatives organisées le 2 juillet courant. On compte 2.032 femmes, soit 21% du nombre global. 9.854 candidats à l’assaut des 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale. Mais au final, les femmes n’ont obtenu que 25 sièges, soit 6,14%. Le chiffre est faible, voire décevant dans la mesure où l’on était en droit d’espérer un meilleur score. Un nombre  plus important qui aurait reflété la réelle présence de la femme dans notre pays.  Malheureusement, les résultats définitifs annoncés hier par la présidente de la Cour constitutionnelle, quand bien même légèrement supérieurs à ceux déjà annoncés par le président par intérim de l'ANIE, Karim Khelfane, au lendemain du dépouillement des urnes, de 23 sièges, ont été une sorte de douche froide. La participation des femmes à la vie politique du pays, bien qu’encouragée par le président de la République à travers la prise d’actions concrètes, est loin d’être à la hauteur souhaitée. Pourquoi ? La question mérite d’être posée. Les sociologues pourraient apporter une explication académique. Pour le reste, on doit s’interroger si on ne s’est pas  illusionné en pensant que la société est prête à traduire  concrètement, à l’occasion de ces élections législatives,  le  changement des mentalités en cours. Les résistances sont-elles plus profondes qu’elles ne le semblent ? Les femmes ont-elles encore une fois servi d’alibi et de paravent à une misogynie politique qui refuse de dire son nom ? Pourtant, les amendements  apportés au  système électoral pouvaient favoriser l’émergence d’une élite politique féminine nouvelle.  La loi oblige les partis politiques et autres listes à présenter au moins un tiers de femmes et  le positionnement sur les listes n’est plus déterminant, puisque  l’élection se fait en fonction des  voix obtenues. Mais ces nouveautés n’ont pas permis aux femmes d’arracher plus de sièges à l’APN. Pis encore, leur présence au sein de l’hémicycle est en recul. Lors des élections législatives de juin 2021, correspondant à la 9e législature, plus de 5.700 femmes s'étaient portées candidates sur les différentes listes partisanes et indépendantes, représentant environ 36,82% de l'ensemble des candidats. Le total de candidates retenues  était  plus de 5.700 et le nombre de  femmes élues était de 34 députées. Ce qui représentait un taux de représentation de 8,35% des 407 sièges. Dès lors, l’autre interrogation qui vient à l’esprit est celle de savoir à qui incombe la responsabilité de ce constat. Les femmes n’ont-elles pas été suffisamment présentes sur le terrain durant la campagne électorale ? Ont-elles fait les frais de la forte abstention ? Les partis politiques n’ont-ils pas joué le jeu, en veillant juste à  respecter l’obligation qui leur est faite de réserver un tiers de leurs listes aux femmes ? Les électeurs n’arrivent-ils pas encore à faire confiance aux femmes ? Autant de questions  qui méritent qu’on s’y arrête. Faut-il  imposer le système des quotas ?  Une telle option sur le long terme n’est pas la solution. Elle peut être une étape transitoire, le temps que la société achève sa transformation mentale, sans plus. Reste aussi à se demander si les femmes ne sont pas en partie responsables de cette régression. En demandant, pour certaines, à titre d’exemple, que leurs visages soient floutés sur les affiches, en laissant le soin aux femmes d’animer les meetings en limitant les rencontres de proximité, il faut dire que cela ne fait pas très sérieux.  Ainsi en cédant au conservatisme qui, certes, demeure très présent au sein de notre société, les femmes ne contribuent pas à accélérer l’indispensable mutation sociétale dont le pays ne pourrait faire l’économie pour s’imposer comme un acteur émergent. Car la politique et la représentation au sein de l’APN sont indissociables des autres domaines de la vie du pays. Mieux encore, une forte présence féminine  est le premier jalon sur la voie de l’émancipation et la promotion des droits des femmes, puisque c’est à l’hémicycle que sont adoptées toutes les lois qui régissent le pays.