VIE
POLITIQUE- ÉLECTIONS- ÉLECTIONS LÉGISLATIVES JUILLET 2026/REPRÉSENTATION
FÉMININE
©Nadia Kerraz/ Horizons,
dimanche 19/7/2026
9.854
candidats à travers les différentes circonscriptions électorales du territoire
national se sont présentés aux dernières élections législatives organisées le 2
juillet courant. On compte 2.032 femmes, soit 21% du nombre global. 9.854
candidats à l’assaut des 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale. Mais au
final, les femmes n’ont obtenu que 25 sièges, soit 6,14%. Le chiffre est
faible, voire décevant dans la mesure où l’on était en droit d’espérer un meilleur
score. Un nombre plus
important qui aurait reflété la réelle présence de la femme dans notre
pays. Malheureusement, les résultats
définitifs annoncés hier par la présidente de la Cour constitutionnelle, quand
bien même légèrement supérieurs à ceux déjà annoncés par le président par
intérim de l'ANIE, Karim Khelfane, au lendemain du
dépouillement des urnes, de 23 sièges, ont été une sorte de douche froide. La
participation des femmes à la vie politique du pays, bien qu’encouragée par le
président de la République à travers la prise d’actions concrètes, est loin
d’être à la hauteur souhaitée. Pourquoi ? La question mérite d’être posée. Les
sociologues pourraient apporter une explication académique. Pour le reste, on
doit s’interroger si on ne s’est pas illusionné en pensant que la société
est prête à traduire concrètement, à
l’occasion de ces élections législatives,
le changement des mentalités en
cours. Les résistances sont-elles plus profondes qu’elles ne le semblent ? Les
femmes ont-elles encore une fois servi d’alibi et de paravent à une misogynie
politique qui refuse de dire son nom ? Pourtant, les amendements apportés au système électoral pouvaient favoriser
l’émergence d’une élite politique féminine nouvelle. La loi oblige les partis politiques et autres
listes à présenter au moins un tiers de femmes et le positionnement sur les listes n’est
plus déterminant, puisque l’élection se
fait en fonction des voix obtenues. Mais
ces nouveautés n’ont pas permis aux femmes d’arracher plus de sièges à l’APN.
Pis encore, leur présence au sein de l’hémicycle est en recul. Lors des
élections législatives de juin 2021, correspondant à la 9e législature, plus de
5.700 femmes s'étaient portées candidates sur les différentes listes partisanes
et indépendantes, représentant environ 36,82% de l'ensemble des candidats. Le
total de candidates retenues
était plus de 5.700 et le
nombre de femmes élues était de 34
députées. Ce qui représentait un taux de représentation de 8,35% des 407
sièges. Dès lors, l’autre interrogation qui vient à l’esprit est celle de
savoir à qui incombe la responsabilité de ce constat. Les femmes n’ont-elles
pas été suffisamment présentes sur le terrain durant la campagne électorale ?
Ont-elles fait les frais de la forte abstention ? Les partis politiques
n’ont-ils pas joué le jeu, en veillant juste à respecter l’obligation qui leur est
faite de réserver un tiers de leurs listes aux femmes ? Les électeurs
n’arrivent-ils pas encore à faire confiance aux femmes ? Autant de questions qui
méritent qu’on s’y arrête. Faut-il imposer le système des quotas ? Une telle option sur le long terme n’est pas
la solution. Elle peut être une étape transitoire, le temps que la société
achève sa transformation mentale, sans plus. Reste aussi à se demander si les
femmes ne sont pas en partie responsables de cette régression. En demandant,
pour certaines, à titre d’exemple, que leurs visages soient floutés sur les
affiches, en laissant le soin aux femmes d’animer les meetings en limitant les
rencontres de proximité, il faut dire que cela ne fait pas très sérieux. Ainsi en cédant au conservatisme qui, certes,
demeure très présent au sein de notre société, les femmes ne contribuent pas à
accélérer l’indispensable mutation sociétale dont le pays ne pourrait faire
l’économie pour s’imposer comme un acteur émergent. Car la politique et la
représentation au sein de l’APN sont indissociables des autres domaines de la
vie du pays. Mieux encore, une forte présence féminine est le premier jalon sur la voie de
l’émancipation et la promotion des droits des femmes, puisque c’est à
l’hémicycle que sont adoptées toutes les lois qui régissent le pays.