INDUSTRIE-
ENTREPRISE- ENTREPRISE/CONDOR 2026
Le groupe Condor poursuit le
développement de son activité en s’appuyant sur l’intégration locale, les
partenariats industriels et les marchés extérieurs. Dans un entretien accordé
au quotidien El Moudjahid (mi-juillet 2026),
son directeur général adjoint, Mohamed Salah Daâs,
est revenu sur la stratégie du groupe, ses capacités de production et ses
perspectives à l’export.
Présenté comme un acteur majeur
de l’électronique et de l’ électroménager en Algérie, Condor produit aujourd’hui 24 marques, nationales et internationales.
Parmi les marques fabriquées localement figurent notamment Condor, Cristor et Nardi, une marque
italienne acquise en 2017. Le groupe assemble également plusieurs marques
internationales, dont Hisense, Whirlpool, Beko,
Daikin, Candy et Rosière, ainsi que les marques du groupe SEB pour le petit électroménager. Dans le domaine de la téléphonie mobile et de l’électronique, cinq
marques sont produites en Algérie pour le marché national et l’export.Mohamed Salah Daâs
indique que le taux d’intégration locale varie « de 45 % à 100 %,
selon les gammes de produits ». Il précise que le réfrigérateur est
désormais « 100 % algérien », le groupe fabriquant notamment le
compresseur et les principaux composants utilisés dans sa production.Le responsable cite également l’exemple
des radiateurs fabriqués par la société Vival, créée
avec l’entreprise italienne Radiatori 2000. Selon
lui, ces produits sont réalisés « de la matière première jusqu’au
produit fini en Algérie », grâce à une filière reposant sur le recyclage
de l’aluminium.Concernant la
production, Condor affirme avoir adapté son organisation afin de répondre à la
fois à la demande du marché national et à celle des clients étrangers. Le
groupe indique disposer d’un hub industriel lui permettant de produire
plusieurs marques destinées à différents marchés.
À l’export, le climatiseur reste
le produit le plus demandé. Mohamed Salah Daâs affirme
que Condor réalise « 50 % des exportations algériennes en
électroménager » et représente « 90 % des exportations de Bordj
Bou-Arréridj » dans ce secteur. Le groupe
exporte aussi des réfrigérateurs, des machines à laver et d’autres équipements.Selon le directeur
général adjoint, Condor est actuellement présent sur 18 marchés répartis entre
l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Des exportations ont déjà été réalisées
vers la France et l’Italie, tandis que des discussions sont engagées en vue de
futurs contrats de distribution au Niger et au Tchad. L’entreprise a également
commencé à exporter plusieurs marques vers l’Égypte après sa participation au
salon IATF-2025.Pour les marchés africains, le groupe met en avant sa capacité
à proposer des commandes regroupant plusieurs catégories de produits et
différentes marques. Mohamed Salah Daâs estime que
cette souplesse, associée à la proximité géographique de plusieurs marchés,
constitue un atout pour le développement des exportations.Le responsable considère que la maîtrise
de toute la chaîne de fabrication des réfrigérateurs constitue un élément
important de la stratégie industrielle du groupe. Cette intégration permet,
selon lui, de renforcer « une autonomie industrielle réelle »,
d’améliorer la compétitivité à l’export et de mieux contrôler la qualité des produits.Sur le plan technologique, Condor indique avoir généralisé la technologie Inverter
sur ses climatiseurs, réfrigérateurs et machines à laver. L’entreprise
développe également des appareils connectés pouvant être pilotés à distance via
une application mobile. Son climatiseur est conçu, selon Mohamed Salah Daâs, pour fonctionner « dans des conditions
extrêmes, de -15 °C à +60 °C », avec une tension pouvant descendre jusqu’à
80 volts, afin de répondre aux besoins de certains marchés.
Le groupe poursuit aussi sa
politique de partenariats avec des entreprises étrangères. Le responsable
rappelle que la création de la société Vival
avec Radiatori 2000 s’est accompagnée
d’un transfert de technologie et d’une unité dédiée au recyclage de
l’aluminium.
Interrogé sur les perspectives de
l’industrie électronique en Algérie, Mohamed Salah Daâs
estime que le pays dispose des moyens nécessaires pour renforcer sa place dans
ce domaine. Il souligne que Condor est passé « du statut d’assembleur à
celui de véritable industriel intégré, capable de concevoir, de produire et
d’exporter à l’échelle internationale ».
Enfin, s’adressant aux
entrepreneurs souhaitant se lancer à l’export, il les invite
à « croire en la qualité, viser l’intégration locale maximale et oser
l’export », estimant que le développement d’une industrie compétitive
repose sur des bases industrielles solides et sur une ouverture vers les
marchés internationaux.