ENERGIE-
GAZ- ALGÉRIE/MARCHÉ MONDIAL 2026/CLASSEMENT EXPORTATIONS
Malgré un contexte géopolitique très incertain, le commerce mondial du
gaz naturel liquéfié (GNL) a progressé de 6,3 % en 2025 pour atteindre 437
millions de tonnes, soit le rythme de croissance le plus rapide depuis 2022.
C’est ce qui ressort du rapport 2026 de l’Union internationale du gaz (UIG),
publié mardi 7 juillet 2026. Qu’en est-il de la place de l’Algérie ? Le rapport
met en évidence son positionnement parmi les principaux pays exportateurs de
GNL. Avec 9,7 millions de tonnes exportées en 2025, l’Algérie se classe au 8e
rang mondial des exportateurs de GNL, avec une part de marché de 2,2%, derrière
les États-Unis, le Qatar, l’Australie, la Russie, la Malaisie, l’Indonésie et
le Nigeria. Sur le continent africain, elle occupe la deuxième place, derrière
le Nigeria, qui détient 3,4% des parts de marché mondiales, et devant le
Mozambique, dont la part s’élève à 0,8%.
Selon les données présentées par l’UIG, malgré la montée en puissance
des trois grands producteurs mondiaux, les États-Unis demeurent largement en
tête avec 25,3% de parts de marché, soit 110,7 millions de tonnes exportées,
suivis du Qatar (18,7%) et de l’Australie (18,4%). Dans ce contexte, l’Algérie
conserve son statut de fournisseur stratégique, notamment pour le marché
européen. Le rapport souligne également que le volume des exportations
algériennes dépasse celui de plusieurs producteurs reconnus, tels que la
Papouasie–Nouvelle-Guinée (8,5 millions de tonnes), le Pérou (3,8 millions), la
Norvège (3,3 millions), le Canada (2,1 millions) ou encore le Mozambique (3,7
millions). Cette position a d’ailleurs été confirmée lors de la récente crise
entre les États-Unis et l’Iran, durant laquelle l’Algérie a été fortement
sollicitée par plusieurs pays européens. Elle a joué un rôle important dans
l’approvisionnement du continent européen, fortement perturbé par les retombées
de la guerre au Moyen-Orient. Grâce à ses infrastructures de liquéfaction et à
sa proximité géographique avec les marchés européens, l’Algérie a ainsi
consolidé sa position sur l’échiquier énergétique international.
En matière de capacité
opérationnelle de liquéfaction du gaz naturel, le même rapport met également en
avant les performances de l’Algérie, qui figure parmi les principaux acteurs
mondiaux. Avec une capacité opérationnelle de 25,5 millions de tonnes par an,
représentant 4,9 des
capacités mondiales, l’Algérie occupe le 7e rang mondial. Lyes Mechti
souligne que, face aux crises mondiales, l’industrie du GNL a démontré sa
résilience malgré les nombreuses zones de turbulences. «En
2026, le commerce du GNL est entré en territoire inconnu. Le conflit dans le
Golfe a endommagé les infrastructures de GNL, assombri les perspectives des
projets d’expansion de la région et exposé les acheteurs asiatiques à
l’incertitude des flux ainsi qu’à la hausse des prix. Le rôle vital du GNL en
tant qu’«amortisseur de chocs» inestimable lors des
précédentes crises énergétiques est aujourd’hui mis à l’épreuve», a-t-il
déclaré. Il ajoute toutefois que «la
réaction du marché démontre qu’une industrie a atteint sa maturité. La capacité
d’une chaîne d’approvisionnement plus vaste et plus diversifiée à mobiliser 40%
des volumes sur une base «spot» a contribué à contenir
l’impact immédiat de la crise du détroit d’Ormuz. L’augmentation de la liquidité
sur les marchés de référence du gaz a offert aux acteurs du secteur les outils
nécessaires pour mieux gérer les risques». Selon lui,
les perspectives de la demande mondiale de GNL à l’horizon 2035 demeurent
solides. Elle se classe derrière les
États-Unis, l’Australie, le Qatar, la Russie, la Malaisie et l’Indonésie. Sur
le continent africain, l’Algérie demeure le deuxième pays en termes de
capacités de liquéfaction. Elle se situe derrière le Nigeria, dont les
capacités atteignent 22,2 millions de tonnes par an, et devance nettement
l’Égypte (12,2 millions de tonnes par an), l’Angola (5,2 millions), la Guinée
équatoriale (3,7 millions) ainsi que le complexe gazier Mauritanie-Sénégal (2,5
millions). Toutefois, le marché mondial demeure largement dominé par trois
producteurs. Les États-Unis occupent la première place avec une capacité de
116,9 millions de tonnes par an, soit 22,5 % de la capacité mondiale. Ils sont
suivis de l’Australie avec 85,1 millions de tonnes par an (16,3 %), puis du
Qatar avec 77,1 millions de tonnes par an (14,8 %). À eux seuls, ces trois pays
concentrent plus de la moitié des capacités mondiales de liquéfaction, précise
le rapport. Celui-ci relève également que de nouveaux acteurs font leur entrée
sur le marché. Le Canada ainsi que le complexe MauritanieSénégal
ont rejoint le cercle des pays exportateurs, tandis que les États-Unis ont
assuré l’essentiel des volumes supplémentaires mis sur le marché mondial. Dans
le message publié en préface du rapport, le président de l’UIG, Andrea Stegher, la croissance démographique, l’urbanisation, la
numérisation, l’augmentation de la demande en électricité et la recherche de
systèmes énergétiques plus propres continueront de nécessiter des solutions
énergétiques fiables et flexibles, auxquelles le GNL est particulièrement bien
placé pour répondre. Le président de l’UIG conclut néanmoins que les défis de
2026 «sont importants». D’où la nécessité de
poursuivre les investissements, l’innovation et la coopération internationale
afin de permettre au GNL de continuer à fournir une énergie sûre, abordable et
à faibles émissions aux communautés du monde entier.