ENVIRONNEMENT – CLIMAT- CHANGEMENTS CLIMATIQUES/
CONTRIBUTION ALGERIE 2026
Diplomatie environnementale :La
délégation de l’Union européenne à Alger et l’ambassade d’Allemagne ont salué,
à travers un communiqué publié jeudi 2 juillet 2026 suite au dépôt officiel,
par l’Algérie , le 24 juin, de sa
première Contribution déterminée au niveau national (CDN) auprès de la
Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Les données fixent une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de
serre de 14% d’ici à 2035 sur la base des seules ressources nationales, un
objectif qui pourrait être porté à 31% avec un appui international adéquat.
Saluée à plus d’un titre, cette soumission marque une étape structurante dans
la politique climatique du pays, à un moment où l’Algérie cherche à concilier
transition énergétique, développement économique et adaptation à des
vulnérabilités climatiques déjà visibles. Selon le document officiel transmis à
la CCNUCC, le coût total de sa mise en œuvre est estimé à 24 milliards de
dollars sur la période 2026-2035, soit une moyenne d’environ 2,4 milliards de
dollars par an.
L’ambition affichée est d’éviter 346 millions de tonnes d’équivalent CO2 d’ici
à 2035 dans le scénario inconditionnel, et plus de 720 millions de tonnes avec
un soutien extérieur suffisant. Le secteur de l’électricité concentre
l’essentiel de l’effort. L’Algérie prévoit d’y mobiliser 9,84 milliards de
dollars pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et améliorer
l’efficacité du système. Le pays ambitionne d’atteindre 15 gigawatts de
capacités renouvelables à l’horizon 2035, dont 3,2 GW déjà en cours de
développement grâce aux ressources nationales. Cette orientation traduit la
volonté des autorités de réduire progressivement la dépendance au gaz dans la
production électrique, tout en préservant la sécurité d’approvisionnement.
Le bâtiment constitue le deuxième grand chantier de la
transition, avec un besoin estimé à 7,9 milliards de dollars. L’objectif est de
réduire la consommation d’énergie dans un parc immobilier en expansion, alors
que la population algérienne a dépassé les 46 millions d’habitants. Les
transports suivent avec 3,7 milliards de dollars de besoins identifiés pour
accompagner l’introduction de solutions plus sobres, notamment dans la mobilité
urbaine. La réduction des émissions fugitives, en particulier dans les
activités liées au gaz, nécessite pour sa part 690 millions de dollars. Au-delà
des chiffres, le texte climatique algérien met en lumière les fragilités du
pays face au réchauffement. Sécheresse prolongée, stress hydrique,
désertification, incendies de forêt et érosion du littoral figurent parmi les principales
menaces. Dans le même temps, l’économie reste fortement dépendante des
hydrocarbures qui représentaient en 2022 90% des recettes d’exportation et 57%
des recettes budgétaires. Cette réalité explique la prudence de la stratégie
algérienne. Il s’agit d’avancer vers la transition sans fragiliser les
équilibres macroéconomiques. Dans cette trajectoire, le partenariat
international joue un rôle central. La GIZ, via un projet de renforcement de la
gouvernance climatique, a accompagné les autorités algériennes dans
l’élaboration de cette feuille de route.
L’Union européenne et l’Allemagne y voient un exemple concret de coopération
multilatérale au service de l’action climatique, du renforcement des capacités
et du développement durable.
Cette première CDN marque ainsi un tournant politique autant que technique.
Pour Alger, elle constitue un engagement officiel dans l’architecture de
l’Accord de Paris, mais aussi un signal adressé aux partenaires internationaux
où la transition climatique algérienne est lancée, à condition qu’elle soit
accompagnée des financements, des technologies et de l’expertise nécessaires.
Dans un Maghreb exposé à des tensions hydriques et environnementales
croissantes, cette démarche dépasse le seul cadre national. Elle inscrit l’Algérie
dans une logique de responsabilité partagée, au moment où la question
climatique devient un enjeu central de souveraineté, de développement et de
stabilité.