DEFENSE- ETRANGER- ARMEMENT/FRANCE 2026
Après une année 2025 déjà record, l’effort de
réarmement de la France doit encore monter en puissance. En 2026, l’État
prévoit 42 milliards d’euros de commandes militaires, tout en accélérant ses
procédures pour répondre aux tensions géopolitiques et industrielles.
Nouvelle direction, nouvel objectif. La nouvelle
direction générale de l’armement a annoncé son horizon pour 2026, et sa volonté
de franchir un nouveau cap. En 2025, elle avait déjà passé commande pour
38 milliards d’euros, et pour 20 milliards à l’export, une
dynamique déjà inédite alors. Pour 2026, l’ambition est de poursuivre un rythme
soutenu, dont le rythme de commande s’élèverait alors à 42 milliards
d’euros.
L’année 2025 a été marquée pour l’armement
français par plusieurs gros contrats. Parmi eux, le lancement du
futur porte-avions de nouvelle génération (PANG), ou encore la modernisation
des missiles balistiques M51, portés par les sous-marins garantissant la
dissuasion nucléaire en océan. Les 20 milliards d’euros en export ont
permis une visibilité internationale, grâce aux Rafale destinés à
l’Inde, aux missiles Mistral pour la Roumanie, ou encore
aux canons Caesar livrés à la Croatie.
Tous ces contrats permettent donc à la Direction
générale de l’armement de rehausser encore cette année ses
ambitions. Mais cette fois-ci, il ne sera pas question de programmes
spectaculaires, puisque les investissements se concentreront sur une
accumulation de contrats jugés essentiels. Parmi eux, il y aura donc des missiles Meteor ou AASM,
des obus de 155 mm, et des véhicules blindés Griffon, Serval ou
Jaguar. L’un des plus gros dossiers sera celui d’une commande d’une cinquième
frégate de défense et d’intervention, mais aussi la rénovation des radars et
des moteurs du Rafale.
Enfin, la DGA veut aussi changer en profondeur sa
manière de travailler. La ministre des Armées Catherine Vautrin appelle de
ses vœux «une DGA de combat», pour
être plus rapide et s’émanciper des lourdeurs administratives. Le nouveau
patron de la DGA Patrick Pailloux assume de
vouloir «court-circuiter nos processus»
pour certains sujets, et vouloir rapprocher les industriels et les armées.
Pour cela, la DGA a déjà lancé des essais, comme l’utilisation de drones
navals pour sécuriser des ports. Il souhaite aussi donner davantage
d’autonomie aux centres techniques de la DGA, afin qu’ils deviennent plus
ancrés localement et que les armées assurent leurs missions.