CULTURE-
MUSIQUE- LALLA BADI (complément)
Figure
emblématique du patrimoine musical touareg,
Lalla Badi a marqué plusieurs générimoine
musical touareg, Lalla Badi a marqué plusieurs
générations par sa voix et son attachement profond aux traditions du Sud
algérien. Originaire d’In Guezzam, cette artiste
d’exception s’est imposée comme l’une des références du tindé,
instrument traditionnel qu’elle a contribué à faire connaître bien au-delà du
Tassili N’Ajjer. Lalla Badi Wallet,
de son nom de naissance, née en 1937 et morte le 21 avril 2025 à Tizi Ouzou, à
l'âge de 88 ans, est considérée comme une doyenne et ambassadrice du tindé, instrument touareg traditionnel, et la pionnière du
genre musical tindi guitare. Elle a, notamment, été
surnommée par les médias «diva de la chanson targuie»,
«diva du tindé», «pasionaria du Sahara» ou encore
«rossignol du pays touareg». Lalla Badi a commencé à
jouer de la musique targuie à l'âge de 10 ans avec sa mère. Elle a longtemps
vécu à Tamanrasset et elle signe son premier album éponyme à 80 ans, chez les
éditions Padidou, composé de neuf pistes entre le tindé traditionnel et le genre plus moderne et contemporain
tendé guitare, aux chants et rythmes à la fois de la
guitare électrique et du tendé traditionnel. En 1990,
elle crée l'association Issakta («souvenirs»)
et s'entoure d'une quinzaine de personnes, hommes et femmes, afin de se produire
dans plusieurs pays. Lalla Badi a appris et collecté
des poésies depuis l'âge de 10 ans auprès de sa mère Lansari.
Issue de la grande tribu des Kel Adagh,
Lalla Badi est chanteuse de musique traditionnelle
touarègue, mais aussi une poète impliquée dans la poésie touarègue féminine et
une femme tashamort, artiste connue et renommée du
mouvement des Teshumara ou Tishumaren,
le blues touareg ou assuf (assouf).
Sa maison à Tahaggart-Shumara a attiré de nombreux Ishumar. Elle a chanté aussi bien des chansons
traditionnelles que des chansons relatant la vie des Ishumar.
Ces chansons ont été enregistrées sur des cassettes et copiées pour ceux non
présents lors des enregistrements. Engagée et militante dans la sensibilisation
des jeunes générations à la cause touarègue et à la sauvegarde de la culture
touarègue et de la pratique du tindé en tant
qu'instrument musical traditionnel, l’artiste a notamment organisé et participé
à des événements et soirées musicales dans tout le monde touareg : dans l'ouest
de la Libye, dans le sud de l'Algérie, au Nord du Mali, et au Niger, avec la
participation de nombreux guitaristes touaregs. Ses
chansons, comme celles de nombreux autres chanteurs touaregs,
chantent, entre autres, la résistance et la liberté du Touareg, le rapport à la
terre et la vie nomade. Badi joue à la fois de la
musique touarègue traditionnelle et le genre musical moderne hybride Tichoumaren (ticumaren ou assuf, le blues touareg, surnommé «blues
du Ténéré», avec une touche de rock, dont celui du tindé
guitare ou tindi guitare, pour lequel elle est
considérée comme la pionnière, voire la créatrice ou l'inventrice. Dans ce
genre musical qui mêle instruments traditionnels, comme le tindé
ou l'imzad, et instruments modernes, tels que la
guitare électrique ou la basse, Lalla Badi puise ses
inspirations au-delà de l'Ahaggar (Hoggar) et de
Tamanrasset, chez les Touaregs mais aussi les Peuls du Mali, du Niger et du
Burkina Faso, où elle a longtemps vécu. Ce brassage ethnique et culturel
ressort dans certains de ses morceaux. Le président de la République,
Abdelmadjid Tebboune, a adressé un message de condoléances, lors son décès, en
la qualifiant de «l’une des voix emblématiques de la
riche culture nationale, et qui a grandement contribué, avec son talent et sa
créativité, à la promotion du legs musical et son rayonnement sur la scène
mondiale de l’art lyrique du Tindi de la région de l’Ahaggar».