HISTOIRE- PERSONNALITÉS- HENRI MAILLOT
Rien dans l’Algérie coloniale, ne prédestinait ce fils
d’Européens à devenir un « hors-la-loi » aux yeux de la République française.
Né le 11 janvier 1928 à Alger, le jeune Henri va pourtant faire preuve d’une
maturité politique stupéfiante. À 15 ans à peine, en 1943, alors que le monde
s’embrase contre le fascisme, il affiche déjà un engagement précoce, sans
concessions, manifestant une opposition farouche à l’injustice du système
colonial. C’est tout naturellement qu’il rejoint, dès cette année-là, les rangs
du Parti communiste algérien (PCA). Militant infatigable, il gravit rapidement
les échelons de l’organisation. Son incorporation pour le service militaire, en
avril 1948 à Maison-Carrée (El Harrach) au sein d’une unité du Train, met à
l’épreuve sa détermination. Il parvient à intégrer la prestigieuse École des
Élèves sous-officiers de Cherchell. Après un stage de perfectionnement à Tours,
en France, il est promu aspirant du Train en janvier 1949. Revenu à la vie
civile, Henri Maillot met ses compétences de gestionnaire au service du combat
des idées. Il travaille à la comptabilité du quotidien progressiste Alger
Républicain, véritable laboratoire d’idées anticoloniales où se croisent toutes
les aspirations de liberté. Il n’hésite pas à prendre la plume lorsque le
malheur frappe le peuple, comme lors du terrible tremblement de terre d’Orléansville en septembre 1954. Le tournant décisif
survient en octobre 1955. Rappelé sous les drapeaux, il est affecté à Miliana
en tant qu’aspirant au 57e Bataillon de tirailleurs algériens (BTA), unité qui
sera ultérieurement transformée en 504e Bataillon du Train (BT). La suite
appartient à la légende dorée de la Révolution. Le 4 avril 1956, l’aspirant
Maillot réalise un coup de maître en détournant un camion d’armes complet,
offrant un arsenal inestimable à la Révolution algérienne. Dans sa célèbre
lettre manifeste envoyée à la presse, il clarifiera son geste historique : « Je
ne suis pas un traître... Ma place est aux côtés de ceux qui combattent pour
leur patrie ». Il rejoint le maquis dans la région d’Orléansville
(Chlef), à la tête d’un groupe de résistants. Traqué de toutes parts par des
troupes coloniales assoiffées de vengeance, il refuse d’abdiquer. Le 5 juin
1956, encerclé dans la forêt d’Ouled Boudjemâa, Henri Maillot tombe héroïquement les armes à la
main après avoir refusé de se rendre, en criant face à ses bourreaux : «Vive l’Algérie libre et indépendante ! ».