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Henri Maillot

Date de création: 13-06-2026 16:36
Dernière mise à jour: 13-06-2026 16:36
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HISTOIRE- PERSONNALITÉS- HENRI MAILLOT

 

Rien dans l’Algérie coloniale, ne prédestinait  ce fils d’Européens à devenir un « hors-la-loi » aux yeux de la République française. Né le 11 janvier 1928 à Alger, le jeune Henri va pourtant faire preuve d’une maturité politique stupéfiante. À 15 ans à peine, en 1943, alors que le monde s’embrase contre le fascisme, il affiche déjà un engagement précoce, sans concessions, manifestant une opposition farouche à l’injustice du système colonial. C’est tout naturellement qu’il rejoint, dès cette année-là, les rangs du Parti communiste algérien (PCA). Militant infatigable, il gravit rapidement les échelons de l’organisation. Son incorporation pour le service militaire, en avril 1948 à Maison-Carrée (El Harrach) au sein d’une unité du Train, met à l’épreuve sa détermination. Il parvient à intégrer la prestigieuse École des Élèves sous-officiers de Cherchell. Après un stage de perfectionnement à Tours, en France, il est promu aspirant du Train en janvier 1949. Revenu à la vie civile, Henri Maillot met ses compétences de gestionnaire au service du combat des idées. Il travaille à la comptabilité du quotidien progressiste Alger Républicain, véritable laboratoire d’idées anticoloniales où se croisent toutes les aspirations de liberté. Il n’hésite pas à prendre la plume lorsque le malheur frappe le peuple, comme lors du terrible tremblement de terre d’Orléansville en septembre 1954. Le tournant décisif survient en octobre 1955. Rappelé sous les drapeaux, il est affecté à Miliana en tant qu’aspirant au 57e Bataillon de tirailleurs algériens (BTA), unité qui sera ultérieurement transformée en 504e Bataillon du Train (BT). La suite appartient à la légende dorée de la Révolution. Le 4 avril 1956, l’aspirant Maillot réalise un coup de maître en détournant un camion d’armes complet, offrant un arsenal inestimable à la Révolution algérienne. Dans sa célèbre lettre manifeste envoyée à la presse, il clarifiera son geste historique : « Je ne suis pas un traître... Ma place est aux côtés de ceux qui combattent pour leur patrie ». Il rejoint le maquis dans la région d’Orléansville (Chlef), à la tête d’un groupe de résistants. Traqué de toutes parts par des troupes coloniales assoiffées de vengeance, il refuse d’abdiquer. Le 5 juin 1956, encerclé dans la forêt d’Ouled Boudjemâa, Henri Maillot tombe héroïquement les armes à la main après avoir refusé de se rendre, en criant face à ses bourreaux : «Vive l’Algérie libre et indépendante ! ».