CULTURE- PERSONNALITES- TAHAR
DJAOUT (écrivain)
Tahar Djaout
est né à la veille du déclenchement de la Révolution d’Indépendance algérienne,
le 11 janvier 1953. Il avait moins de 10 ans à l’indépendance. Son enfance a
donc éé baignée dans la terreur de la guerre, dans
son village natal Oulkhou près d’Azeffoun,
ensuite dans la capitale où sa famille s’est installée. Ses premiers pas
d’écolier, il les fit à Oulkhou, région féérique où
la montagne dans toute sa majesté côtoie la mer dans toute sa splendeur et dans
toute sa magie. La fibre poétique de Tahar Djaout
doit beaucoup à cette nature paradisiaque où il avait grandi. C’est d’ailleurs
dans cette région que se trouve la plage du « Petit paradis ». En 1964, une
fois sa famille installée à Alger, il change d’école. Son appartenance à la
fois à un minuscule village kabyle des montagnes et à la mythique capitale
Alger, lui conférèrent une personnalité à la fois riche et ouverte. On retrouve
cette facette importante dans son œuvre. Tahar Djaout
avait à peine 17 ans quand il publia sa première nouvelle Les insoumis, dans le
cadre d’un concours. Le texte reçut une mention audit concours. Parallèlement à
ses premiers jalons d’écriture littéraire, il poursuivit ses études à Alger,
mais pas en littérature, plutôt en mathématiques. L’écriture journalistique le
happe également. Il trouve une brèche providentielle au quotidien national El
Moudjahid dès 1976. Il opta naturellement pour la rubrique culturelle. El
Moudjahid était doté d’un supplément culturel de haute facture. Et Djaout y élit domicile pour y effectuer ses premiers pas
journalistiques. Avec succès bien sûr. Dès 1980, il devint le responsablede la rubrique culturelle d’un journal mythique
: Algérie Actualité . Il éprouve un grand plaisir et
se fit un devoir de dresser des portraits sur des personnalités culturelles
algériennes de premier plan : artistes peintres, chanteurs, poètes, écrivains,
etc. Il a, notamment écrit sur des écrivains et des poètes algériens qu’on
évoquait très peu à l’époque en dépit de leur talent indéniable comme Jean
Sénac, Bachir Hadj Ali, Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Youcef Sebti, Mouloud
Mammeri, Jean Amrouche et Nabile Farès. Au beau
milieu de son engouement pour l’écriture aussi bien journalistique que
romanesque, Djaout s’envole à Paris pour revenir avec
une licence en Sciences de l’Information. Il avait déjà publié ses romans
salués par la critique : L’exproprié et Les chercheurs d’os .
Ce dernier a été publié par les éditions Le Seuil, auxquelles n’avaient accès
que des écrivains algériens au talent exceptionnels comme Mouloud Feraoun et
Mohammed Dib. Ce roman fut salué par la critique et Tahar Djaout
sortit de l’anonymat en Algérie et à l’étranger. Son deuxième grand roman,
L’invention du désert parut en 1990. Puis, il y eut Les vigiles publié en 1991.
Ce roman a été adapté à l’écran et au théâtre. En film par Kamel Dehane et Mahmoud Ben Mahmoud et au théâtre par Omar Fetmouche. Le dernier été de la raison ,
roman posthume et inachevé revient sur les années de la tragédie algérienne,
dont il fut l’une des premières victimes. Ciblé par un attentat terroriste
perpétré le 26 mai 1993, il succomba le 2 juin.