RELATIONS INTERNATIONALES- FRANCE-
FRANCE.ALGERIE/COOPÉRATION MAI 2026
La visite de travail effectuée à Paris par le ministre
de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, marque une nouvelle étape dans le dégel des
relations engagé ces derniers mois entre l’Algérie et la France. Reçu par son
homologue français Laurent Nuñez, Saïd Sayoud a
participé à plusieurs réunions consacrées aux principaux dossiers de
coopération entre les deux pays, notamment la sécurité, la lutte contre la
criminalité organisée, les questions migratoires et la protection civile.
Cette visite s’inscrit dans le prolongement du
déplacement effectué par Laurent Nuñez à Alger en février dernier. Dans
un communiqué, le ministère français de l’Intérieur a indiqué que
cette visite répond à la volonté exprimée par le président français Emmanuel
Macron de « restaurer avec l’Algérie un dialogue efficace,
respectueux de l’intérêt national de chacun des États ».
Outre l’entretien entre les deux ministres, plusieurs
séances de travail ont réuni des responsables des ministères de l’Intérieur des
deux pays, ainsi que des représentants des Affaires étrangères et du ministère
algérien de la Défense. Ces rencontres avaient pour objectif de consolider la
reprise des échanges engagée ces derniers mois.
Les deux parties ont affiché leur intention de
développer leur coopération opérationnelle dans plusieurs domaines liés à la
sécurité. Parmi les priorités identifiées figurent la lutte contre les drogues
de synthèse, les trafics de stupéfiants, le blanchiment d’argent, la recherche
des personnes recherchées impliquées dans la criminalité organisée ainsi que la
lutte contre l’immigration irrégulière et la fraude documentaire.
« Sur la coopération opérationnelle
en matière de lutte contre la criminalité organisée, de lutte contre le
narcotrafic et le blanchiment d’argent »,
précise le communiqué, et d’ajouter : « La lutte contre les
drogues de synthèse et les trafics de stupéfiants, la recherche des fugitifs
impliqués dans la criminalité organisée, la lutte contre l’immigration
irrégulière et la fraude documentaire font partie des axes de travail
prioritaires. »
Le ministère français indique que les services compétents
des deux pays établiront des évaluations communes des menaces et des réseaux
identifiés. Ils devront également élaborer des feuilles de route
opérationnelles communes et réactiver les mécanismes de coopération entre les
services de police et de gendarmerie. Paris annonce aussi la désignation
prochaine d’un attaché de sécurité intérieure adjoint issu de la gendarmerie
nationale française afin de contribuer à la relance du dispositif de
coopération sécuritaire et au plein fonctionnement du service de sécurité
intérieure à Alger.
« À ce titre, les services
compétents établiront des états des lieux conjoints sur les menaces et filières
identifiées, élaboreront des feuilles de route opérationnelles communes,
réactiveront les mécanismes institutionnels entre police et gendarmerie et
renforceront le suivi bilatéral avec des points d’étape et réunions à échéance
régulière tenus à haut niveau. La mise en place d’un attaché de sécurité
intérieure adjoint, militaire de la gendarmerie nationale, sera en outre de nature
à renforcer encore les signaux concrets en faveur d’une relance effective et
efficace et la reprise du plein fonctionnement du service de sécurité
intérieure à Alger », selon la même
source.
Les discussions ont également porté sur la lutte
antiterroriste. Le communiqué souligne que « les échanges
d’information ont repris et se renforcent encore, avec l’identification de
risques communs émergents. »
Dans le domaine de la protection civile, Alger et
Paris ont convenu de reprendre une coopération plus soutenue. Les échanges ont
notamment concerné le développement des capacités de formation et l’amélioration
de la préparation face aux risques liés au changement climatique et aux
catastrophes naturelles. Le ministère français relève que « la
reprise de relations denses est une volonté claire des deux parties »,
lesquelles ont arrêté une méthode de travail pour relancer cette coopération.
La question migratoire a occupé une place importante
dans les discussions. A ce propos, les deux délégations ont convenu que « la
gouvernance et les canaux de communication opérationnels seront renforcés dans
le cadre d’une approche globale incluant les mobilités légales, les retours et
la lutte contre l’immigration irrégulière. » « Les
discussions, franches et pragmatiques, ont permis de confirmer la reprise d’une
coopération loyale pour permettre une montée en puissance des
retours. L’ensemble des consulats présents en France sont désormais pleinement
mobilisés », selon le ministère français.
L’avenir de l’accord franco-algérien de 1968, qui
régit une partie des conditions de séjour et d’installation des ressortissants
algériens en France, a également été évoqué. Le ministère français indique que
les deux parties ont décidé de « travailler sur la base de
propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire
évoluer ». Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été fourni sur le
contenu de ces futures propositions.
Le communiqué précise enfin que les entretiens ont
permis d’aborder « avec exhaustivité les dossiers majeurs pour
l’Algérie comme pour la France », avec une attention particulière
portée à la situation du journaliste français Christophe Gleizes et à son
retour en France. Pour les autorités françaises, le développement des relations
institutionnelles entre les deux pays doit désormais être « à la
hauteur des liens humains profonds existants entre les deux pays »............................................................................................. ;
Le
ministre Saïd Sayoud a été reçu, à Paris, par le
président français, Emmanuel Macron, indique un communiqué du ministère. « M.
Sayoud a été reçu, mardi au Palais de l’Elysée, par
le président français, M. Emmanuel Macron, avant la tenue d’une séance de
travail élargie, en présence du ministre français de l’Intérieur, M. Laurent
Nunez », précise la même source.