TRANSPORTS- MER -PHARES/CAP CARBON
(Complément)
Dès qu’on surpasse la forêt des oliviers
et l’entrée du Parc national de Gouraya, et en
longeant le Fort des oliviers et de pins, on accède à un petit parking, où le
trajet en véhicule s’achève. En empruntant un petit tunnel, bien animé par des
artistes et des plasticiens qui exposent leurs œuvres relatant ces sites
féeriques, le visiteur est transporté par la panoplie des bijoux traditionnels
exposés à la vente, mais aussi par cette ambiance rythmée à la mendole des
chanteurs locaux. De là, on découvre le magnifique cap Carbon, avec un chemin
bordé de criques, où des singes magots, habitués des lieux, attendent qu’on
leur donne à manger. Les rochers se penchent au-dessus du passage qui donne sur
une vue magnifique sur mer. Le chemin est très exigu pour contenir toutes ces
familles venues des quatre coins du pays et de l’étranger. Un site à couper le
souffle, avec toute la beauté que Dame Nature offre généreusement. Le cap
Carbon est situé au nord du port de Béjaïa. Construit par une compagnie
italienne de signalisation maritime en 1889, sur une surface de 960 m2 , il est considéré comme le phare le plus haut du monde.
Il s’élève à 220 m au-dessus du niveau de la mer, alors que sa portée oscille
entre 30 et 35 miles marins (environ 50 km). Il est réalisé sur une surface
rocheuse qui le supporte et qui donne sur une caverne sous forme de tunnel
traversant la montagne de part et d’autre. Le cap Carbon, qui abrite
actuellement une caserne des garde-côtes, n’est pas ouvert au public. Le site
qui renferme une importante colonie de singes magots fait partie du Parc
national de Gouraya. Il s'agit d'un phare dit «d'atterrissage», qui indique la proximité du port de
Béjaïa. D’une hauteur de 14,6 mètres, il est construit avec des matériaux
solides et une tour en pierre. En contrebas du grand phare, une caverne aurait
servi, dans le temps, de lieu de refuge au célèbre philosophe catalan Raymond
Lulle. Il y passa, nous dit-on, le reste de sa vie, après une dispute avec les
oulémas de la ville, lors de son passage en 1307. Luis Salvator De Habsbourg,
archiduc d’Autriche, dans son livre Bougie, la perle de l’Afrique du Nord, dit
: «Peu d’endroits de la mer Méditerranée sont d’un
effet aussi surprenant, aussi beau que la vue sur l’extrémité du Cap Carbon.»
Le phare de cap Carbon de couleur blanche, le feu que les navigateurs peuvent
repérer à l’œil nu. Avec ces caractéristiques, il est reconnu par les marins du
monde entier. Le phare de cap Carbon est géré par l’Office national de
signalisation maritime (ONSM), organisme sous tutelle du ministère des Travaux
publics. De loin et sur cette mer qui s’ouvre sur l’infini, le visiteur peut
contempler les bateaux en rade, attendant de décharger leurs cargaisons au port
de Béjaïa. L’endroit est magnifique et continue d’accueillir des centaines de
familles à longueur d’année. Lors des derniers séismes, les rochers de cap
Carbon se sont un peu fragilisés, et un passage a complètement cédé vers la
mer. Des travaux ont été entrepris, mais la prudence est de mise. Béjaïa, qui
recèle d’énormes sites naturels, connaît une affluence record en été. Le
tourisme, ce n’est pas uniquement la mer, mais tous ces endroits pittoresques,
naturels et qui veillent jalousement sur la ville, perle de l’Afrique du Nord.