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Roman Rachid Hamou- "Le bagnard amoureux"

Date de création: 31-01-2026 17:54
Dernière mise à jour: 31-01-2026 17:54
Lu: 227 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN RACHID HAMOU- « LE BAGNARD AMOUREUX »

Le bagnard amoureux. Roman de Rachid Hamou. Nouba Editions, Alger 2025, 153 pages, 1 000 dinars

 

Un roman d’amour ? Peut-être.En tout cas  une très belle histoire d’amour  consommée jusqu’au sacrifice entre Chérif B., un « indigène » et Mathilde  D. , la fille d’un colon raciste et haineux chez qui il travaille en simple journalier . 

Mia sun amour qui commence très mal, notre héros se retrouvant assez vite arrêté , et embarqué , menottes aux poings et fers aux pieds, sur le tristement célèbre « Bateau blanc » qui vient périodiquement à Alger emmener les déportés vers le bagne en la lointaine Guyane. Il s’en échappe et retrouvera sa chère Mathilde! Qui, entre temps, après s’être engagé dans un ordre religieux  l’a rapidement abandonné ne pouvant supporter les injustices trop criardes commises par la colonisation à l’endroit des « indigènes ». Elle avait préféré se mettre au service des pauvres, des déshérités et des colonisés.

L’auteur nous conte donc une belle histoire d’amour, que l’on croyait immpossible ou impensable (alors qu’effectivement ce genre de rapports a réellement existé, rarement certes mais bel et bien existé ). C’est beau mais douloureux.

La douleur est encore plus forte en abordant l’autre volet de l ’ouvrage . Un véritable roamn d’aventures. Celui consacré aux souffrance endurés par les condamnés aux travaux forcés et envoyés  au bagne de Saint Laurent de Maroni. Tous , en permanence  réduits à l’état d’infrahumain et en proie aux pires exactions, entre brimades et tortures, pas seulement morales. «C’est cet univers féroce, dépourvu de toute humanité, qui commence dès l’arrivée par le retrait de toute identité au prisonnier, que l’auteur décrit sans complaisance, mettant à nu dans ce modèle réduit, la cruauté de tout le système colonial français en Algérie».
Le roman est saupoudré de descriptions au détail près de cet odieux cloître carcéral mais aussi d’aventures menées à plusieurs partenaires de « la belle » durant l’évasion. Un roman irrigué de deux passions, celle d’aimer et celle de vivre libre.

La fin est tragique.......Chérif , rapidement repris (alors qu’il avait rejoint clandestinement l’Algérie et retrouvé sa sœur et son aimée, réfugiées dans un bidonville de la Capitale)  et réexpédie en Guyanne est guillotiné......Mais, Mathilde , ayant accouché d’un enfant va continuer, avec le soutien de la sœur de son époux,  sa lutte.

L’Auteur : le 20 août 1953 . Economiste et journaliste (dont Algérie Actualités) ,puis   enseignant et directeur d’un service informatique à l’étranger (Guyane française). Note : Les éditions Nouba d’Alger ont déjà publié un livre de l’ écrivain-journaliste Arezki Metref : « Traquenard », un roman de Nadjib Stambouli : « La footballeuse » ainsi que le roman de Mimoun Ayer ayant pour titre : « Les eaux d’Azro Aziza » . 

 

 

Extraits : « L’historien Pierre Michel , spécialiste du bagne, estime à soixante-dix mille le nombre de personnes (dont 15 000 à 20 000 le nombre d’Algériens) , toutes origines confondues, ayant séjourné dans le bagne de Guyanne » (Introduction, p 5), « Le bagne de Guyane, un crime contre l’humanité, ces chiffres effroyables sont proches de ceux atteints dans les camps de concentration nazis » (Robert Badinter cité, p 63), « C’est un véritable enfer où peu de prisonniers arrivent à survivre longtemps. La durée de vie moyenne d’un détenu au bagne est de trois à cinq ans » (p 73)

 

Avis :Un titre en apparence assez banal mais un  écrit chargé de vérités historiques et sociales ..... et d’émotion. Un bon sujet de film. Pourquoi pas ?

 

Citations : « C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière.....C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur » (Aimé Césaire cité, p 77)

« Ils sont tous pareils, ils se prennent pour la race supérieure, alors qu’ils ne savent pas être humains.Jamais je n’aimerais être humaine comme eux » (p 152)