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Roman Suzanne El Kenz- "De glace et de feu"

Date de création: 29-12-2023 19:49
Dernière mise à jour: 29-12-2023 19:49
Lu: 96 fois


RELATIONS INTERNATIONALES- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN SUZANNE EL KENZ- « DE GLACE ET DE FEU »

 

De glace et de feu. Roman de Suzanne el Kenz. Editions Barzakh, Alger 2023, 177 pages, 900 dinars.

 

Hind Ghalayani est une arabe de Palestine......désormais, réfugiée (exilée !) en Europe, elle s’appelle Mathilde Le Been. Un époux, des enfants, une vie en apparence tranquille. Patatras, elle est malade d’un cancer, ce qui, physiquement ,la transforme totalement. 

Lui, c’est un certain Lamour, célibataire endurci et solitaire......qui tombe éperdument amoureux de Mathilde qui n’arrive pas à comprendre cet attachement alors que son corps est en plein en dégradation. 

La première, mourante fait le point sur sa vie, sur son identité édulcorée, ses origines tout en rêvant de s’évader « vers les glaciers » .

Le second, épris du mystère entourant cette femme, fasciné par son altérité, essaie de la consoler avec des poèmes et des cadeaux.

Un amour impossible.....même pas un dialogue serein.....tant il est vrai que chacun vit son « monde ».

Lamour finira en asile...et Hind s’éloignera des  « glaciers » et se « plongera » dans les eux chaudes de son bain en se remmémorant celles de la mer morte, celles deson pays . Comme pour son cancer avec une greffe de la moëlle osseuse qui n’a pas pris, l’exil  a échoué....et elle s’est très vite retrouvée rattrapée par ses origines. Avec les senteurs du  thym et de l’huile d’olive, c’est toute la  Palestine qui se love dans la peau et dans la tête, qui ressurgit bien que parfois niée....... mais plus présente que jamais

 

L’Auteure :Née en 1958 à Ghaza (Palestine) , Suzanne (el Farah) el Kenz a vécu dans de nombreux pays (Algérie, Egypte, Arabie saoudite, Tunisie...). Installée en France à partir de 1996 en compagnie de son époux Ali el Kenz, le sociologue.Enseignante (Professeur de langue arabe, à Nantes) . Plusieurs romans à son actif dont « La Maison du Néguev » (Apic, 2009) qui a reçu le prix Yambo-Ouologuem en 2010. Sa version arabe parue aux éditions Almutawasit en 2017, a reçu le prix Ibn Battûta du meilleur roman de voyage.                                                           

Extraits  « Quelle triste réalité que celle qui vous poussait à postuler qu’un ouvrier n’est pas censé lire des poèmes ? » (p 55), « Le temps est immobile et mon corps est privé de tout repère, il est à la merci de tous les mouvements de ma pensée. Mon présent est intemporel.Il n’y a qu’incertitude à mes frontières et la nécessité des limites est hors de ma portée »  (p73), « D’ailleurs, pensait-il,pourqoui vouloir être fort, le plus fort ? Qui nous a inculqué cet ordre, pourquoi ne pas être faible, pourquoi ne pas accepter l’échec, le regarder avec indifférence, au fond qu’est-ce que la réussite, qu’est-ce que l’échec ? N’avait-il pas lu dans un bon livre, du temps où il lisait que les Amériendins aimaient jouer mais que, dans leurs jeux, il n’y a avait ni gagnant ni perdant ? » (p 82), « Bonnes gens, ne vous fiez pas à la clémence de Dieu.Elle est réversible.On ne savait jamais comment faire avec ce dieu-là, il changeait constamment d’avis, il pouvait refuser votre prière ou l’accepter, que vous soyez bon ou mauvais n’était pas son critère ; le tout-Puissant.Il vous mettait à l’épreuve, vous faisait croire que vous aviez votre libre arbitre, et en même temps, il décidait pour vous » (p123)

Avis :Un texte assez sombre et une écriture fantasque et indocile.....Et,  un véritable hymne à la vie, avec ses cris de détresse et de rêverie.

Citations : « Ah mon pays, ce petit pays à densité dramatique, vous dirais-je le nom ? Ou faudra -t-il que je le taise ? Ce pays de Terre sainte, autant sainte sainte que ceinte » (p14), « Pas de lieu, pas de société ; racines multiples équivalaient à néant d’appartenance , elle avait dû l’inventer : la France juste pour elle ! » (p 63), «  La routine tue et elle fait vivre aussi » (p121), « Quand on vient du pays des prophètes, on passe sa vie dans l’expectative » (p123)