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France.Sahara Occidental/Ingérence

Date de création: 23-05-2026 19:54
Dernière mise à jour: 23-05-2026 19:54
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RELATIONS INTERNATIONALES- SAHARA OCCIDENTAL- FRANCE.SAHARA OCCIDENTAL/INGÉRENCE

La fin de fonction de Christophe Lecourtier en qualité d’ambassadeur de France à Rabat, pour devenir directeur-général de l’Agence française de développement (AFD), s’est accompagnée par la republication, sur les réseaux sociaux (mai 2026) , de plusieurs déclarations et positions qu’il avait exprimées dans la cadre de ses fonctions au Maroc. Il en est ainsi d’une interview qu’il a accordée, à la fin de l’an 2025, à un média propagandiste local où il met en avant le rôle de la France officielle dans le soutien à la politique expansionniste du régime marocain au détriment de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Tout en indiquant que la France a « voulu être, à chaque moment, le partenaire le plus fidèle, le plus engagé aux côtés du Maroc sur cette cause existentielle comme cela a été dit par mes ministres il y a quelques mois », il n’a pas hésité à révéler que « c’est une histoire ancienne », laissant entendre clairement que le soutien français remonte à bien avant l’appui qu’elle a exprimé au plan dit d’Autonomie, défendu par le royaume marocain pour contrer le plan d’autodétermination prôné de longue date par la communauté internationale. « Si on revient en arrière rapidement, dès les années 1970, dès après la Marche verte, la France a été aux côtés du Maroc, y compris, à l’époque, parfois militairement », a déclaré le désormais ancien ambassadeur de France à Rabat. « Militairement », cela veut dire qu’elle a participé par les armes à combattre le Front Polisario à la fin des années 1970, vraisemblablement par des attaques aériennes et la fourniture d’armements aux forces royales marocaines puisqu’on n’avait pas signalé la présence de troupes françaises au sol à l’époque. Plus même : « Si on va un peu plus loin, en 2007, lorsque le plan d’autonomie a été présenté, la France a été le premier pays, et pendant longtemps le seul, à dire que c’était un bon plan et que c’était une base majeure sur laquelle travailler », a renchéri le diplomate. Puisqu’il en était en mode confidences, Christophe Lecourtier aurait dû ajouter une vérité que connaît le ToutParis sans jamais l’avoir avoué et que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, n’avait pas hésité à révéler lors du discours à la Nation qu’il avait prononcé, le 29 décembre 2024, au Palais des Nations devant le Parlement réuni en session extraordinaire avec ses deux chambres : « Nous savons que l’idée du plan d’autonomie au Sahara occidental est née à Paris. Elle n’est née ni à Rabat ni à Marrakech. C’est une idée défendue depuis Jacques Chirac (président de la République française entre 1995 et 2007, NDLR). Ce plan signifie qu’on laisse le choix aux gens entre l’amer et le plus amer. » En somme, la France, qui s’était longtemps couverte de neutralité supposée, était impliquée depuis le début du conflit. En fait, cela se savait. C’est juste qu’un diplomate français a fait tomber le masque, un peu par forfanterie diplomatique, un peu pour rappeler subtilement au régime marocain qu’il était et est redevable à la France et qu’il restera éternellement son débiteur. Ce sont les contours d’un néocolonialisme sans troupes ni armes. Un néocolonialisme par créance morale.