RELATIONS
INTERNATIONALES- VATICAN- ALGÉRIE.VATICAN/ VISITE PAPE LÉON XIV (13.14 AVRIL
2026)
© Vatican news
Devant les autorités algériennes, Léon XIV lance un
appel à la paix et à la justice. Face à environ 1400 personnes, dont les
autorités politiques, diplomatiques et civiles de l’Algérie, le Pape a livré
son deuxième discours, lundi 13 avril, au centre de conférences de Djamaâ El Djazaïr. Sur cette
terre, carrefour de cultures et de religions, Léon XIV a plaidé pour une
culture de la rencontre, une justice plus équitable et un rôle actif dans la
construction d’un monde plus solidaire. Première étape de son premier voyage
apostolique sur le continent africain, le plus long depuis le début de son
pontificat, le Pape Léon XIV est arrivé à Alger ce lundi 13 avril. Après la
cérémonie de bienvenue, la visite du monument aux martyrs Maqam Echahid et la visite de courtoisie au président de la
République, Abdelmadjid Tebboune, au Palais présidentiel, le Saint-Père a
rencontré les autorités, la société civile et le corps diplomatique au centre
de conférences de Djamaâ El Djazaïr,
où se trouvaient environ 1400 personnes. «Je viens
parmi vous en pèlerin de paix. En tant que fils spirituel de saint Augustin, je
suis déjà venu deux fois à Annaba, en 2001 et en 2013, et je suis reconnaissant
à la Providence divine qui, selon son dessein mystérieux, a voulu que je
revienne ici en tant que Successeur de Pierre», a
dit le Saint-Père, dès l’ouverture de son allocution, insistant ainsi sur la
portée symbolique de son déplacement. Et d’ajouter : «Je
viens parmi vous en pèlerin de paix, désireux de rencontrer le noble peuple
algérien. Nous sommes frères et sœurs, car nous avons le même Père dans les
cieux.» Dans un monde marqué par les conflits et
tensions, le Pape augustinien a ensuite lancé un appel à dépasser les
incompréhensions pour renouer le dialogue. «Rencontrons-nous
et essayons de nous comprendre, en reconnaissant que nous formons une seule
famille !»
L’hospitalité algérienne : Dans son discours, le souverain pontife a longuement
salué les valeurs du peuple algérien, en particulier son sens de la solidarité
et de l’accueil. Le Pape a parlé d’une société portée par des citoyens humbles
mais essentiels. «Ce sont elles qui sont fortes, ce
sont elles l’avenir : celles qui ne se laissent pas aveugler par le pouvoir et
la richesse», a-t-il affirmé. «J’ai reçu de
nombreux témoignages montrant comment le peuple algérien fait preuve d’une
grande générosité tant envers ses compatriotes qu’envers les étrangers. Cette
attitude reflète une hospitalité profondément enracinée dans les communautés
arabes et berbères, ce devoir sacré que nous aimerions trouver partout comme
valeur sociale fondamentale.» Le Saint-Père a
également évoqué l’aumône, la «sadaka», une
pratique «courante et naturelle», même pour ceux qui ont, a-t-il
spécifié, des moyens limités. A l’origine, le mot sadaka signifie «justice», a encore rappelé le Pape. «Ne pas garder pour soi, mais partager ce que l’on a, est en
effet une question de justice. Est injuste celui qui accumule des richesses et
reste indifférent aux autres.» Cette vision de la
justice est «simple et radicale», car elle
reconnaît dans l’autre «l’image de Dieu». Une religion sans «compassion et une vie sociale sans solidarité» sont
un «scandale aux yeux de Dieu», a déclaré Léon XIV. Pourtant, de
nombreuses sociétés «qui se croient avancées
sombrent de plus en plus dans l’inégalité et l’exclusion», a-t-il
regretté. Pour l’évêque de Rome, les personnes et les organisations qui «dominent sur les autres détruisent le monde que
le Très-Haut a créé pour que nous vivions ensemble».
Regard critique particulier sur les
équilibres mondiaux : Fort de son histoire
marquée par des épreuves, l’Algérie a été invitée à devenir un acteur du
changement. «Si vous savez dialoguer avec les
aspirations de tout le monde et vous montrer solidaires avec les souffrances de
nombreux pays, proches ou lointains, votre expérience pourra contribuer à
imaginer et à instaurer une plus grande justice entre les peuples», a
recommandé le Pape américain. Léon XIV a également dénoncé les «violations constantes du droit international» et
les «nouvelles tentations coloniales», appelant à une solidarité accrue
entre les peuples. «Ce n’est pas en multipliant les
incompréhensions et les conflits, mais en respectant la dignité de chacun et en
vous laissant toucher par la souffrance d’autrui que vous pourrez devenir les
acteurs d’un nouveau cours de l’histoire, aujourd’hui plus urgent que jamais,
face aux violations constantes du droit international et aux nouvelle
tentations coloniales.»
Mondialisation, justice et participation
des peuples : S’inscrivant dans la continuité de ses
prédécesseurs, le Successeur de Pierre a rappelé les enjeux d’une mondialisation
mieux régulée. Reprenant ensuite à son compte la pensée du pape François
: «Il faut penser à la participation sociale, politique et économique de telle
manière qu’elle inclut les mouvements populaires et anime les structures de
gouvernement locales, nationales et internationales, avec le torrent d’énergie
morale qui naît de la participation des exclus à la construction d’un avenir
commun.»
Sur cette terre généreuse qui a donné naissance à saint Augustin, son père
spirituel, le Pape a directement interpellé les dirigeants du pays, les
invitant à encourager une société civile dynamique et inclusive. «La véritable force d’un pays réside dans la coopération de
tout le monde à la réalisation du bien commun», a-t-il affirmé. «Les autorités sont appelées non pas à dominer, mais à
servir le peuple et son développement. Le critère de l’action politique réside
donc dans la justice, sans laquelle il n’y a pas de paix authentique, et
s’exprime par la promotion de conditions équitables et dignes pour tous.» L’Eglise catholique, à travers ses communautés et ses
initiatives, souhaite contribuer au «bien commun de l’Algérie, en renforçant
son identité particulière de pont entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et
l’Occident», a-t-il poursuivi, tout en insistant particulièrement sur le
rôle des jeunes appelés à devenir des porteurs d’espérance et de
transformation.
Méditerranée et Sahara
La Méditerranée et le Sahara constituent des «carrefours géographiques et
spirituels d’une portée considérable», a reconnu le Saint-Père. (…)