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Algérie.Vatican/Visite d'Etat , Pape Léon XIV, 13.14 avril 2026

Date de création: 17-04-2026 19:32
Dernière mise à jour: 17-04-2026 19:32
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RELATIONS INTERNATIONALES- VATICAN- ALGÉRIE.VATICAN/ VISITE PAPE LÉON XIV (13.14 AVRIL 2026)

© Vatican news

Devant les autorités algériennes, Léon XIV lance un appel à la paix et à la justice. Face à environ 1400 personnes, dont les autorités politiques, diplomatiques et civiles de l’Algérie, le Pape a livré son deuxième discours, lundi 13 avril, au centre de conférences de Djamaâ El Djazaïr. Sur cette terre, carrefour de cultures et de religions, Léon XIV a plaidé pour une culture de la rencontre, une justice plus équitable et un rôle actif dans la construction d’un monde plus solidaire. Première étape de son premier voyage apostolique sur le continent africain, le plus long depuis le début de son pontificat, le Pape Léon XIV est arrivé à Alger ce lundi 13 avril. Après la cérémonie de bienvenue, la visite du monument aux martyrs Maqam Echahid et la visite de courtoisie au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au Palais présidentiel, le Saint-Père a rencontré les autorités, la société civile et le corps diplomatique au centre de conférences de Djamaâ El Djazaïr, où se trouvaient environ 1400 personnes. «Je viens parmi vous en pèlerin de paix. En tant que fils spirituel de saint Augustin, je suis déjà venu deux fois à Annaba, en 2001 et en 2013, et je suis reconnaissant à la Providence divine qui, selon son dessein mystérieux, a voulu que je revienne ici en tant que Successeur de Pierre», a dit le Saint-Père, dès l’ouverture de son allocution, insistant ainsi sur la portée symbolique de son déplacement. Et d’ajouter : «Je viens parmi vous en pèlerin de paix, désireux de rencontrer le noble peuple algérien. Nous sommes frères et sœurs, car nous avons le même Père dans les cieux.» Dans un monde marqué par les conflits et tensions, le Pape augustinien a ensuite lancé un appel à dépasser les incompréhensions pour renouer le dialogue. «Rencontrons-nous et essayons de nous comprendre, en reconnaissant que nous formons une seule famille !»

L’hospitalité algérienne : Dans son discours, le souverain pontife a longuement salué les valeurs du peuple algérien, en particulier son sens de la solidarité et de l’accueil. Le Pape a parlé d’une société portée par des citoyens humbles mais essentiels. «Ce sont elles qui sont fortes, ce sont elles l’avenir : celles qui ne se laissent pas aveugler par le pouvoir et la richesse», a-t-il affirmé. «J’ai reçu de nombreux témoignages montrant comment le peuple algérien fait preuve d’une grande générosité tant envers ses compatriotes qu’envers les étrangers. Cette attitude reflète une hospitalité profondément enracinée dans les communautés arabes et berbères, ce devoir sacré que nous aimerions trouver partout comme valeur sociale fondamentale.» Le Saint-Père a également évoqué l’aumône, la «sadaka», une pratique «courante et naturelle», même pour ceux qui ont, a-t-il spécifié, des moyens limités. A l’origine, le mot sadaka signifie «justice», a encore rappelé le Pape. «Ne pas garder pour soi, mais partager ce que l’on a, est en effet une question de justice. Est injuste celui qui accumule des richesses et reste indifférent aux autres.» Cette vision de la justice est «simple et radicale», car elle reconnaît dans l’autre «l’image de Dieu». Une religion sans «compassion et une vie sociale sans solidarité» sont un «scandale aux yeux de Dieu», a déclaré Léon XIV. Pourtant, de nombreuses sociétés «qui se croient avancées sombrent de plus en plus dans l’inégalité et l’exclusion», a-t-il regretté. Pour l’évêque de Rome, les personnes et les organisations qui «dominent sur les autres détruisent le monde que le Très-Haut a créé pour que nous vivions ensemble».

Regard critique particulier sur les équilibres mondiaux : Fort de son histoire marquée par des épreuves, l’Algérie a été invitée à devenir un acteur du changement. «Si vous savez dialoguer avec les aspirations de tout le monde et vous montrer solidaires avec les souffrances de nombreux pays, proches ou lointains, votre expérience pourra contribuer à imaginer et à instaurer une plus grande justice entre les peuples», a recommandé le Pape américain. Léon XIV a également dénoncé les «violations constantes du droit international» et les «nouvelles tentations coloniales», appelant à une solidarité accrue entre les peuples. «Ce n’est pas en multipliant les incompréhensions et les conflits, mais en respectant la dignité de chacun et en vous laissant toucher par la souffrance d’autrui que vous pourrez devenir les acteurs d’un nouveau cours de l’histoire, aujourd’hui plus urgent que jamais, face aux violations constantes du droit international et aux nouvelle tentations coloniales.»

Mondialisation, justice et participation des peuples : S’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs, le Successeur de Pierre a rappelé les enjeux d’une mondialisation mieux régulée.  Reprenant ensuite à son compte la pensée du pape François : «Il faut penser à la participation sociale, politique et économique de telle manière qu’elle inclut les mouvements populaires et anime les structures de gouvernement locales, nationales et internationales, avec le torrent d’énergie morale qui naît de la participation des exclus à la construction d’un avenir commun.»
Sur cette terre généreuse qui a donné naissance à saint Augustin, son père spirituel, le Pape a directement interpellé les dirigeants du pays, les invitant à encourager une société civile dynamique et inclusive. «La véritable force d’un pays réside dans la coopération de tout le monde à la réalisation du bien commun», a-t-il affirmé. «Les autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et son développement. Le critère de l’action politique réside donc dans la justice, sans laquelle il n’y a pas de paix authentique, et s’exprime par la promotion de conditions équitables et dignes pour tous.» L’Eglise catholique, à travers ses communautés et ses initiatives, souhaite contribuer au «bien commun de l’Algérie, en renforçant son identité particulière de pont entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et l’Occident», a-t-il poursuivi, tout en insistant particulièrement sur le rôle des jeunes appelés à devenir des porteurs d’espérance et de transformation.
Méditerranée et Sahara
La Méditerranée et le Sahara constituent des «carrefours géographiques et spirituels d’une portée considérable», a reconnu le Saint-Père. (…)