CULTURE- PATRIMOINE- ITINÉRAIRES AUGUSTINIENS EN
ALGÉRIE
La ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, a présidé jeudi 9 avril 2026 la cérémonie
d’installation de la Commission nationale chargée du suivi du
dossier « Les Itinéraires Augustiniens en Algérie », soumis à l’UNESCO en
vue d’une reconnaissance internationale.
Le projet des Itinéraires Augustiniens s’étend alors
sur près de 1 500 kilomètres à travers les villes de l’est et du
centre de l’Algérie antique, reliant des sites archéologiques et des monuments
historiques d’une valeur inestimable. Parmi les sites concernés figurent :
- Hippone (Annaba)
- Calama (Guelma)
- Thibillis (Sellaoua Announa)
- Tubursicum Numidarum (Khamissa)
- Madaure (Mdaourouch)
- Thagaste (Souk
Ahras)
- Castellum Tidditanorum (Tiddis)
- Thagora (Taoura)
- Milevum (Mila)
- Sitifis (Sétif)
- Caesarea (Cherchell)
- Cartennae (Ténès)
- Theveste (Tébessa)
- Thubunae (Tobna / Batna)
Ainsi, cet itinéraire ambitieux redessine la géographie
intellectuelle et patrimoniale de ces villes, en les réunissant autour d’un
héritage commun : celui de la civilisation numide et romano-africaine qui a vu
naître l’une des figures les plus universelles de l’histoire de la
pensée, saint Augustin d’Hippone.
Né en 354 après J.-C. à Thagaste,
l’actuelle Souk Ahras, Aurelius
Augustinus connu sous le nom de saint Augustin est l’une des personnalités
intellectuelles et spirituelles les plus influentes de l’histoire de
l’humanité. Évêque d’Hippone, philosophe, théologien et auteur des célèbres
Confessions et de La Cité de Dieu, sa pensée a traversé les continents, les
siècles et les religions, faisant de lui un pont vivant entre l’Afrique et
l’Europe, entre la foi et la raison.
L’Algérie revendique à juste titre cette figure
universelle comme l’un des fleurons de son génie civilisationnel, fruit d’une
terre nourricière où se sont croisées et enrichies mutuellement les cultures
numide, berbère, romaine et chrétienne.
Ce qui distingue les Itinéraires Augustiniens des
autres parcours culturels dans le monde, c’est leur caractère transcontinental
et transreligieux : ils constituent un trait d’union
exceptionnel entre l’Afrique et l’Europe, incarnant la rencontre profonde entre
foi, philosophie et mémoire collective.
Sur le plan patrimonial, ce projet garantit la
préservation du tissu urbain et archéologique des sites numidie-romains,
maintenant vivante l’âme des lieux témoins de l’accumulation civilisationnelle
algérienne.
Ainsi, sur le plan économique et touristique,
l’initiative transforme des sites archéologiques souvent méconnus en espaces
culturels vivants, capables de nourrir un tourisme de mémoire porteur d’une
dynamique économique locale durable, au bénéfice des populations et des
territoires concernés.