FINANCES- ENQUÊTES ET REPORTAGES- FONDS DÉTOURNÉS A L’ÉTRANGER/
RESTITUTION, 2 AVRIL 2026
La réunion du Conseil des ministres ( dimanche 5 avril 2026) a été marquée par une annonce d’une
extrême importance faite par le ministre d'État, ministre des Affaires
étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines,
comme on a pu le constater dans le communiqué de la présidence de la République.
Présentant un rapport sur le dossier de restitution des fonds détournés, Ahmed Attaf a révélé, en effet, que l’Algérie a réussi à
obtenir l’accord de principe de la Suisse pour récupérer prochainement plus de
110 millions de dollars, après l’envoi de 33 commissions rogatoires, dont 20
ont été examinées et acceptées. A ce jour, 4 dossiers relatifs aux fonds
détournés et gelés ont été traités de manière définitive, ce qui a permis
la récupération de ce premier pactole, en attendant sans doute d’autres bonnes
nouvelles. Par ce geste, le président de la République a exprimé sa
reconnaissance et sa gratitude envers la Confédération helvétique mais aussi le
Royaume d'Espagne pour avoir restitué les fonds détournés de l'Algérie. En
revanche, malgré les 61 commissions rogatoires qui lui ont été adressées, la
France ne se montre guère coopérative dans la mesure où l’on
apprend qu'aucune de ces requêtes n’a été satisfaite, déplore le
communiqué de la Présidence. Il faut savoir que cette annonce du chef de la diplomatie
intervient quelques jours après la visite qu’il a effectuée en Suisse. Une
sortie qui a été certainement mise à profit par Attaf
pour aborder avec les responsables suisses cette question et peaufiner les
dernières retouches même si officiellement, aucune déclaration n’a été faite
dans ce sens. Ce qui n’a pas été le cas lors de la visite en Algérie, le 30
juin 2025, du ministre suisse de la Justice et de la Police, Beat Jans, et au
cours de laquelle, il avait réitéré l’engagement de son pays à ‘’coopérer
pleinement’’ avec Alger dans ce dossier ‘’sensible’’ de la récupération des
fonds détournés et transférés vers l’étranger par les oligarques. Il faut dire
que la restitution des fonds détournés par les oligarques à l’époque de la ‘’Issaba’’, que ce soit en Algérie ou de l’étranger, a été
une priorité absolue du président de la République. L’on se souvient à ce
propos que le chef de l’Etat s’est engagé, au lendemain de son élection à la
tête de la plus haute magistrature du pays, en décembre 2019, à tout mettre en
œuvre pour récupérer cet argent ainsi que les biens. Dès lors, le processus
s’est rapidement mis en branle et des commissions rogatoires internationales
ont été, pour la circonstance, adressées à 32 pays et 53 demandes de
restitution des avoirs à 11 pays. Au niveau local, l’Etat a pu récupérer, comme
l’avait révélé Abdelmadjid Tebboune, quelque 30 milliards de dollars de biens
de nature diverse (immobiliers, mobiliers, fonds, unités industrielles,..).
Et pour se donner toutes les chances de réussir cette mission, notre diplomatie
a mis du cœur à l’ouvrage en adhérant à des réseaux internationaux spécialisés,
tels que l’Initiative StAR (Stolen
Asset Recovery) de la Banque mondiale, le Forum
mondial pour la restitution des avoirs de la Banque mondiale ou encore l’Office
des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cependant, force est de
reconnaître malheureusement que tout n’a pas été facile, malgré la
détermination sans faille de la partie algérienne. Et pour cause, des obstacles
ont été rencontrés et se sont heurtés aux efforts de l’Algérie dans cette tâche
de récupération des avoirs détournés.