ENERGIE-
ÉNERGIES RENOUVELABLES- ÉNERGIES RENOUVELABLES/RAPPORT MENA ENERGY OUTLOOK 2026
Le rapport MENA Energy Outlook 2026, du think tank allemand «Dii
Desert Energy», rendu public à partir de données
arrêtées fin décembre 2025, ne place pas l’Algérie parmi les locomotives
renouvelables de la zone MENA, mais met en avant des signaux qui témoignent
d’un passage progressif vers une phase plus concrète et plus lisible de mise en
œuvre. Dans une région où certains pays cumulent déjà plusieurs gigawatts
opérationnels, l’Algérie apparaît plutôt comme un marché qui s’installe dans
une dynamique d’exécution, avec un pipeline désormais bien identifié. Le
constat de départ ne relève pas de grands volumes, mais donne un état des lieux
clair. Fin 2025, l’Algérie totalise 446
MW de capacités renouvelables opérationnelles, dominées par le solaire
photovoltaïque avec 411 MW, complétées par 25 MW de solaire thermique (CSP) et
10 MW d’éolien. Ce niveau est bien inférieur à celui des leaders régionaux,
comme l’Arabie saoudite ou l’Egypte, mais le rapport invite surtout à regarder
la trajectoire et la maturation des projets, plus que le seul stock déjà
installé. Sur ce point, l’Algérie
ressort de façon plutôt encourageante dans la base de suivi de Dii où 47 projets y sont recensés, dont 24 déjà
opérationnels, 17 en construction, 4 en développement, un annoncé et un autre
classé «en attente». L’élément le plus favorable est
la densité du segment «construction», qui représente
environ 2,6 GW de solaire PV : un volume élevé rapporté au niveau encore limité
de la capacité opérationnelle, et qui suggère que le pays se situe à un moment
charnière où les projets commencent à sortir du stade des intentions. Le
rapport associe cette montée en régime à la mécanique des appels d’offres, en
notant explicitement que les résultats de l’appel d’offres de 2 GW lancé en
2023 «commencent à se matérialiser». Deux centrales sont citées comme devant être
les premières mises en service issues de ce programme, celles de Tendla–M’Ghair (220 MW) et Laghrous–Biskra (200 MW). Dit autrement, le think tank constate que la chaîne «tender-chantier-mise
en service » s’enclenche, ce quiconstitue un signal
de crédibilisation important. L’autre point mis en avant concerne l’ajustement
des objectifs. Le rapport évoque une «rationalisatio»
de certaines cibles nationales dans la région, dont l’Algérie. Le pays a révisé
son objectif de long terme de 22 GW à 15 GW à l’horizon 2035, et le rapport en
déduit un objectif intermédiaire d’environ 7 GW à l’horizon 2030. Présenté ainsi, l’ajustement peut aussi être lu
comme une trajectoire davantage alignée sur les conditions d’exécution et la capacité
à livrer des projets, ce qui, dans les politiques énergétiques, renforce
souvent la crédibilité du calendrier plutôt que de l’affaiblir. Sur
l’hydrogène, le rapport souligne des éléments structurellement porteurs pour
l’Algérie. Il mentionne la stratégie
nationale de 2023 visant 40 TWh à l’horizon 2040, dont 30 TWh orientés vers
l’export, ainsi que quatre projets annoncés. Le rapport met en avant notamment
l’accord sur le corridor SoutH2, signé début 2025 par l’Allemagne, l’Italie,
l’Autriche, l’Algérie et la Tunisie. Il s’agit d’un partenariat qui formalise
le développement d’un pipeline hydrogène dédié de 3.300 km reliant l’Afrique du
Nord à l’Europe centrale, présenté comme une artère d’exportation majeure pour
la décennie à venir. Et d’estimer que «pour l’Algérie,
cet élément renforce la perspective d’un débouché européen structuré, à
condition que la montée en puissance industrielle suive». Enfin, la comparaison
avec les autres pays cités permet de situer l’Algérie de façon nuancée. Le
rapport montre une région tirée par le Golfe, avec l’Arabie saoudite en forte
accélération. Dans ce paysage, l’Algérie se distingue moins par le volume déjà
en service que par un pipeline en construction significatif et une carte
hydrogène et de connexion Europe qui, si elle se concrétise, deviendra un
avantage comparatif important.