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Pamphlet Rachid Boudjedra- "Les contrebandiers de l'histoire"

Date de création: 22-11-2017 18:25
Dernière mise à jour: 22-11-2017 18:25
Lu: 3 fois


HISTOIRE- PAMPHLET RACHID BOUDJEDRA- « LES CONTREBANDIERS DE L’HISTOIRE »

Les contrebandiers de l’Histoire. Pamphlet de Rachid Boudjedra, Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou, 2017, 400 dinars, 91 pages.

Avec notre Rachid Boudjedra national (et nationaliste devenu, avec un « âge n’aidant pas », de plus en plus sourcilleux ), il faut s’attendre à tout ........ce qui peut « révolutionner » le paysage culturel algérien, à tout moment et en tous lieux, durant ses brusques « montées » en attaque ou après les « pièges et harcèlements » médiatiques. Depuis quelque temps, il semble redoubler de « férocité » , se mettant à tirer dans tous les coins et sur tout ce qui bouge.....surtout ailleurs (en France , tout particulièrement) et alentour (ce qui vient de France, tout particulièrement) .Parfois , on le comprend...... sans l’approuver . Souvent , on s’en inquiète.

Donc, l’ouvrage  est plus d’un simple pamphlet . C’est un écrit –brulôt (et il le reconnait amplement , p 85),  décidé, « pour ne pas mourir de ma lâcheté » dit-il ....  après la publication , en 2007, du livre de Wassila Tamzali, « Une éducation algérienne »,  où « elle disculpait son père  abattu à Bejaia,pendant la guerre de libération......» ...et, après la réception en Algérie de Feriel Furon, arrière petite fille du dernier des Bengana, décédé en 1947 et qui a, « toute sa vie, et avec toute sa tribu de féodaux sanguinaires , torturé, humilié, dilapidé et assassiné le peuple algérien ». Venue (invitée ?) en Algérie, elle et son livre « ont été encensés par certains parlementaires algériens, par la presse....par la télévision de l’Etat algérien, par des libraires serviles ... »

Dans sa large « radiographie clinique », il y a beaucoup d’ (im-) patients : B.Sansal, K.Daoud, S.Bachi, A.Djebar, (égratignée !)  W.Tamzali, A.Boumehdi (Ali) , M. Zemmouri, Y. Khadra, L. Salem,  certain(e)s professeur(e)s de français de l’Université d’Alger,  Z. Benamadi (de l’ARAV) , A. Ferhani (d’El Watan) , H. Bendif (du Conseil national du livre)  , A. Mihoubi (et bien d’autres dans la littérature, la peinture, le théâtre ou le cinéma dont les réalisateurs de « productions cinématographiques produits sur commande », des « films-propagande à la guimauve » ,  et  les « dizaines de peudos « artistes » algériens (qui) ont rejoint les Sas de l’armée française......Certains de ces jeunes « jaunes » sont devenus des artistes importants et reconnus par l’Algérie indépendante », voir 83 )  ....... et ,dans le même sac , A. Camus, F. Furon, A. Arcady,M. Onfray........sans oublier B.H.Lévy, Finkielkraut, E.Zemmour, Bruckner, Glucksmann, R. Menard, J.P Chevènement (et tant d’autres), les « camarades socialistes français », à leur tête G. Mollet et  F. Mitterand, L. Visconti, Melina  Mercouri, Delacroix......Beaucoup de monde. Trop de monde  ?

Heureusement, il y a  F. Yveton , A. Tebboune, S. Bencheikh (de l’Onda) , H’mida Ayachi, A. Fenni, A. Cherif, Omar Ourtilane ,  L. Hamina et bien des « chrétiens , juifs, athées mais algériens jusqu’au bout des ongles », dont bien d’entre-eux « vivent en Algérie et sont fiers d’être Algériens » et  ..... J-P. Sartre, , J . Genêt,Mandouze, Amos Giataï, Shlomo Sand, Jeanson, Yves Lacoste,L . Mauvignier, J. Ferrari, J. Andreas, , Picasso, J . Genêt, P. Guyotat ......Ah, j’allais oublier ....... Saïd Bouteflika qui l’a soutenu publiquement lors de sa mésaventure médiatique avec El Khabar.

L’Auteur : Né en 1941 à Ain Beïda (Aurès), études en maths et en philo. Enseignant universitaire puis, à partir de 1972, il se consacre à l’écriture. Auteur d’une œuvre considérable , traduite dans le monde entier. 

Extraits : «  La très longue colonisation ottomane de l’Algérie qui dura des siècles a été celle aussi d’une très grande cruauté, mais comme ces janissaires étaient des musulmans, leurs crimes leur ont été pardonnés » (p 37) , «  Le monde occidental trop riche et trop pauvre à la fois, a tout empommadé, tout traficoté, fait de la contrebande avec toutes les valeurs, y compris les siennes propres que nous , progressistes et laïcs algériens , avions adoptées avec enthousiame » (p 49) , « Ce qui nous manque , à nous intellectuels et artistes, pour être efficaces, c’est, peut-être, un niveau d’enracinement dans la propre conscience de l’individu écrivant ou peignant , ou réalisant (dans le cinéma ou dans le théâtre), etc . » (p 68), « Si j’ai donc consacré ce « brulôt »à des contrebandiers de l’Histoire, c’est pour dire que l’Algérie va mal. Que les Algériens sont malheureux. Fragiles. Désemparés. Humiliés dans leur fierté nationale par des larbins et par les nouveaux harkis de l’ère moderne » (p 88) 

 Avis : C’est un pamphlet comme annoncé en couverture . Pamphlet :  «  Petit écrit satirique agressif dirigé contre quelqu’un , une institution....Libelle » (Le grand Larouse illustré 2016, p 830). Donc , point d’étonnement connaissant le « militantisme » et l’ « épidermisme »( sic !)  de celui qui reste, malgré tout, le  plus grand de nos écrivains contemporains de langue.... français...alors, et je l’ai déjà écrit, « les meilleurs sont aujourd’hui ailleurs ».

Une remarque très personnelle : je ne pense pas qu’il n’y ait pas d’écrits suffisants –édités en Algérie même- sur le combat de l’Algérie pour se libérer de l’occupation coloniale ou pour décrire (à travers des mémoires , des études et  des récits  et aussi, des romans) la vie quotidienne. Il y a en assez (en général en français mais traduits , pour beaucoup ,en arabe) pour occuper bien des journées de lecture. Certes la qualité n’est pas toujours présente, mais en attendant, on s’en contente. Mieux que rien ou peu et bien mieux que les ouvrages (pour bien d’entre-eux respectables) édités à l’étranger 

Et, des erreurs commises : Kamal Daoud n’a jamais fait partie du GIA (voir p 86) et Wilfried Muller, dit Si Mustapha n’a jamais été Secrétaire d’Etat aux Finances  (voir p 33) et Amirouche n’a jamais été cité dans l’affaire de Melouza (survenue en 57 et non en 56). La rage ou la rancune ou l’amertume ou la haine  ou tout simplement la précipitation (de l’auteur ou de l’éditeur.....à l’approche du Sila )   qui transforme l’écrit en cri, n’a jamais été bonne conseillère !

 Citations « La démocratie est le contraire du mensonge et des petits arrangements » (p 19), « L’Algérie pour moi n’est pas un Etat totalitaire mais un système autoritaire et vieillissant où la corruption est un vrai désastre économique» (p 64) , « Notre production artistique manque de finesse, de métaphysique, de passion et de ....folie » (p 69)