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Recueil Afifa Bererhi - "Défis démocratiques.....Algérie1900-1962"

Date de création: 20-11-2017 20:04
Dernière mise à jour: 20-11-2017 20:04
Lu: 4 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANCH- RECUEIL AFIFA BERERHI- « DEFIS DEMOCRATIQUES....ALGERIE 1900-1962 »

 Défis démocratiques et affirmation nationale. Algérie 1900-1962. Recueil de textes, réunis par Afifa Bererhi, Naget Khadda, Christian Phéline, Agnès Spiquel, Chihab Editions, Alger 2016, 1600 dinars.

 Ni nouveau procès, ni justification rétrospective d’un système aujourd’hui révolu de longue date (mais qui reste encore assez présent dans les esprits, même chez les plus jeunes) , voilà donc un ouvrage qui veut contribuer à une connaissance plus profonde des rapports établis entre colonisateurs et colonisés....  à travers la longue durée de leur « coexistence ».

Ce sont ,donc, des regards croisés qui sont offerts au lecteur, des regards qui parfois ne partent pas du même point de vue, chacun des auteurs (et ils sont nombreux) ayant une expérience différente , voire opposée. Heureusement, tous l’abordent avec une exigence partagée d’objectivité critique .

Il y a, comme auteurs, trois générations, des chercheurs de spécialistés et de convictions diverses :

Celle à l’œuvre à partir des années soixante-dix.....dont plusieurs membres avaient compris que l’on ne peut complètement « décoloniser l’Histoire » sans explorer la dimension d’anthropologie sociale et culturelle de la colonisation.

Celle qui, vingt ans plus tard, a repris le flambeau en dépassant les mythologies partisanes et en approfondissant l’histoire sociale aux multiples registres.

Celle enfin des tout jeunes chercheurs qui s’attachent depuis peu à documenter des sujets souvent neufs et à explorer de nouvelles sources en Algérie comme en France

Donc, peu de vieilles barbes ! Cela se voit d’ailleurs même en politique, bien plus en France qu’en Algérie. Il est vrai que les traumatismes du « colonisé » , même si les causes remontent à bien loin (exemple  des massacres de 45)sont bien plus graves que chez le colonisateur...mis à part son départ précipté , encore bien mal analysé et très mal expliqué. A chacun ses nostalgiques et ses revanchards.....et ses historiens « périmés ».

Six grandes parties : Ouvertures (la formation et la formulation de  l’identité nationale algérienne, le discours national algérien )  / Lieux et rencontres ( le Cercle du Progrès d’Alger, les Rencontres de Sidi Madani en 1948, 1956 et l’ « Appel à la trêve civile » , les Centres sociaux / Hommes et métiers (les postiers, la vaccination dans la Casbah d’Alger, les avocats indigènes, les instituteurs et les enseignants , les compétitions de  cyclisme) / Feuilles libres (Etudes sur la presse...des oulémas-journalistes du M’zab, messaliste, libérale, communiste) / Mots et images (Taos Amrouche, les écrivains algériens, la littérature algérienne  de langue française, Mostefa Lacheraf, cinéma et Histoire) / Mobilisations (La République du Rif, les Mosquées, l’abbé Scotto , Me Poppi, Porot, Fanon, Mandouze, l’Ugema et l’Unef) / Contrechant (une analyse de Nedjma par Mireille Djaïder)

Les  Auteurs : Ils sont 27 auteurs de textes , pour la plupart tous des universitaires......dont Bedjaoui Ahmed, Denise Brahimi, Omar Carlier, Christiane Chaulet Achour, Alice Cherki, Mireille Djaïder, Hassane Remaoun, Marie-Joëlle Rupp,  Aissa Kadri, Naget Khadda, Henri Teissier, Dominique Wallon, Mourad Yellès......

Extrait« Le futur ne peut se concevoir sur la simple négation de ce qui lui préexiste, surtout lorsqu’il s’est agi d’une colonisation de peuplement ayant imprimé sa marque pendant plus de cent trente années. Ce serait ignorer la complexité des emprunts, interférences, échanges qui, même s’ils furent pour l’essentiel imposés par la force, ont alors façonné dans la durée le tissu socioculturel du pays » (Avant-propos, p 12)

Avis :  Un (riche, très riche, trop riche) ouvrage qui « se veut (...) une pierre de balisage sur « les chemins qui montent ». En regardant en face le passé, on verra, peut-être , plus clair. Bien que l’on sache que la « libération de l’Histoire » n’est pas une mince affaire. Ni une affaire des seuls  politiques ou d’anciens combattants, ni même des seuls historiens.  ...mais de culture , d’ouvertures sur le monde...et de temps

Citation : «Elle (l’Algérie) peine encore à fédérer ses forces vives autour d’un projet commun qui fasse destin ;en partie , sans doute, parce que la construction de son unité nationale s’est élaborée sur l’utopie d’un retour aux sources qui  éradiquerait  la « parenthèse » coloniale » (avant-propos, p 12)

 

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