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Pouvoir d'achat ménages-Etude Snapap 2017

Date de création: 15-05-2017 05:35
Dernière mise à jour: 15-05-2017 05:35
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ECONOMIE- ETUDES ET ANALYSES- POUVOIR D’ACHAT MENAGES- ETUDE SNAPAP 2017 Selon une étude du Snapap 73 000 DA : minimum vital pour une famille © El Watan : Nadir Iddir, dimanche 14 mai 2017 Le pouvoir d’achat des ménages s’est nettement dégradé. L’augmentation des prix des produits due à l’inflation ne permet pas aux salariés de subvenir décemment à leurs besoins. Pour faire face à cette situation, le travailleur algérien devrait percevoir un salaire minimum vital de 73 000 DA par mois pour une famille constituée de 5 personnes. Le chiffre est avancé par le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) sur la base d’une étude réalisée en avril dernier. «Notre simulation réalisée par un collectif de syndicalistes répartis à travers 30 wilayas démontre que le salaire minimum vital que devrait toucher un fonctionnaire est de 73 000 DA. La commission nationale du Snapap qui a collecté les données n’a pas voulu exagérer ce montant calculé sur la base d’une famille de 5 membres, et des dépenses réduites au strict minimum, comme par exemple un poulet par mois», signale Abdelkader Fatmi, membre de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA/Snapap), chargé de la question des salaires. L’étude, dont El Watan détient une copie, précise que les dépenses réservées au logement (location) exigent la plus grande part du salaire (près de 35%), suit l’alimentation (30%). La part réservée à l’habillement est estimée à plus de 8%, alors que celle pour la santé est à près de 7%. Selon l’étude, la différence entre le montant du SNMG qui est de 18 000 DA et le montant nécessaire calculé pour répondre à des besoins basiques (73 000 DA) laisse deviner qu’un grand nombre de familles vivent dans le dénuement. Ces familles «se débrouillent en s’appuyant sur la solidarité (familles nombreuses occupant le même logement), et ce, en réduisant au strict minimum leurs besoins (nutrition, santé, habillement, scolarité), sans prendre en compte le logement et les loisirs», lit-on dans l’étude. Dégradation en vue Membre du Snapap, Nabil Ferguenis constate que les dépenses des ménages sont très importantes et ne leur permettent pas de bénéficier de loisirs. «Les soins médicaux coûtent cher. Les examens sont à des prix prohibitifs et ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Un scanner coûte jusqu’à 15 000 DA. Avec la consultation spécialisée et la batterie d’analyses médicales prescrites, c’est 25 000 DA au minimum non remboursés. Et pour la carte Chifa, l’ordonnance ne doit pas dépasser les 3000 DA et certains médicaments ne sont pas remboursés. Donc, j’estime qu’il faut au bas mot un revenu global de 80 000 à 90 000 DA minimum pour qu’un couple, avec 3 enfants, arrive à bien se nourrir et habiller les enfants et leur assurer une prise en charge correcte.» Selon le syndicat, cette situation catastrophique «va en s’aggravant» vu les différentes lois de finances (2016 et 2017) adoptées pour «faire payer à la population l’absence d’une réelle politique économique au service de cette même population». «Il faut comprendre cela comme une violence sociale continuelle et quotidienne qui est imposée aux travailleurs et à leurs familles. Cette violence est intériorisée dans le silence et la douleur. Mais cette violence émerge parfois lorsque la colère déborde, et c’est à ce moment-là que les idéologues de ce régime interviennent pour dire que cela est dû au manque d’éducation, à l’incivisme, etc.», insiste-il. L’étude, distribuée aux adhérents, indique que «malgré les promesses répétées, le SNMG reste fortement encadré et limité». «Nous devons cibler l’essentiel, c’est-à-dire revoir la grille de salaire et la valeur du point indiciaire, comme nous devons exiger de participer au Conseil national de la fiscalité qui est alimentée par les travailleurs à qui il est interdit de savoir où va cet argent. Nous devons apprendre à raisonner en termes de pouvoir d’achat et de coût de la vie et nous avons le droit de revendiquer une vie décente pour nous et nos enfants», poursuit-on. Nassira Ghozlane. Secrétaire générale du Snapap «Les familles font l’impasse sur les loisirs» Le Snapap a rendu publique une étude sur le pouvoir d’achat des Algériens. Comment a-t-elle été élaborée et quelles en sont les conclusions ? Des études sont élaborées depuis 2006 par nos syndicalistes à travers les régions du pays. Tous les trois ans, l’étude est révisée pour suivre l’évolution de la situation. L’étude est menée sur la base des dépenses d’une famille de cinq membres, soit les parents et trois enfants. Le pouvoir d’achat, tel que nous l’avons constaté, s’est sensiblement dégradé. De ce fait, le salaire minimum vital proposé pour qu’un fonctionnaire puisse vivre décemment a presque doublé par rapport à l’année 2006 : de 30 700 DA, on est passé à 72 000 DA. Les membres du collectif ont constaté que les prix des produits de consommation et autres ont augmenté, et fatalement le pouvoir d’achat est laminé. Notre étude démontre que vu la hausse constante des prix, à l’instar de la viande, des légumes secs (lentilles, pois chiches...), des fruits et légumes frais, etc., le fonctionnaire et sa famille ne peuvent plus consommer en quantité suffisante et régulièrement ces produits. La famille d’un fonctionnaire mange un poulet par mois. Pour les soins médicaux, il ne peut prendre qu’un seul de ses enfants pour consultation chez le privé. Les familles font l’impasse sur les loisirs à cause de la cherté de la vie. La crise rendra plus difficile la situation des fonctionnaires dont le pouvoir d’achat risque de baisser encore davantage… Effectivement, les fonctionnaires ne pourront plus subvenir à leurs besoins même en cumulant les boulots. Notre collectif a constaté de fortes disparités d’une région à une autre du pays. Par exemple, au Sud, les fruits et légumes sont 3 fois plus chers qu’au nord du pays. Pour rendre encore plus difficile leur situation, quelque 8 millions de clients de Sonelgaz ont subi des surfacturations, comme l’a démontré une étude réalisée par le Snateg (syndicat autonome des travailleurs de Sonelgaz). L’autre constat concerne les femmes qui subissent la situation de pénurie de denrées comme l’eau, puisque ce sont elles qui sont contraintes d’approvisionner la maisonnée. D’ailleurs, l’année passée, le Snapap a lancé à partir de ce constat une campagne de sensibilisation sur l’eau. Quelles sont les raisons de cette situation ? La situation est voulue par les pouvoirs publics pour que les citoyens ne s’occupent pas de politique. Les fonctionnaires sont considérés comme des indigènes. Quelles sont les propositions du syndicat ? Plus de 80% des travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté. Ils ne peuvent pas subvenir décemment à leurs besoins. Le SNMG de 18 000 DA doit être impérativement augmenté. Des augmentations de salaire ont été appliquées en 2008 pour acheter la paix sociale. Ces augmentations n’ont servi à rien, puisqu’à côté les prix des produits ont augmenté aussi. Signalons que ce ne sont pas tous les travailleurs qui ont bénéficié du salaire minimum, puisqu’il y en a qui continuent à toucher entre 7 à 9000 DA. Leur situation est encore plus difficile que celle de leurs collègues. Nous proposons une révision du statut de la Fonction publique. La dernière révision catastrophique a été menée sans consulter les travailleurs, dont les propositions n’ont pas été retenues dans le texte final. L’avant- projet de code du travail doit aussi être nécessairement révisé par l’Organisation internationale du travail (OIT). D’ailleurs, le département chargé du code du travail au Bureau international (BIT) a adressé des réserves au gouvernement sur certaines mesures, mais je ne sais pas si celles-ci ont été levées, avant l’envoi du texte au Parlement. Nous demandons par ailleurs la révision totale de tous les statuts des corps de la Fonction publique pour permettre aux fonctionnaires une vie digne et décente. © Nadir Iddir