Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Ayachi H'Mida- Dédales

Date de création: 19-12-2016 12:08
Dernière mise à jour: 19-12-2016 12:08
Lu: 115 fois


 

VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- AYACHI H’MIDA- DEDALES

Dédales. La nuit de la grande discorde. Roman de H’mida Ayachi(traduit de l’arabe par Lotfi Nia. Editions en arabe en 2000)  . Editions Barzakh, Alger 2016, 270 pages, 950 dinars.

Une livre qui commence fort, très fort avec la description –plus que réaliste , l’horreur dégoulinant des pages, chaque ligne étant une arme de destruction individuelle  -  d’un massacre de plusieurs dizaines de villageois par une horde de terroristes islamistes sanguinaires , menée par une affreux bonhomme boîteux de la région (du village voisin) monté sur un bel alezan : Abou Yazid, 25 ans à peine.....comme l’Abou Yazid al-Nikari décrit par Ibn al-Athir, dit « l’homme à l’âne alezan  » qui, à 25 ans à peine, en l’an de grâce 333 de l’Hégire, massacra les Kutama, puis les Fatimides........jusqu’à sa défaite et sa capture par Al –Mansour.

C’est donc dans les dédales de la mort brutale que nous entraîne l’auteur. Plusieurs dédales : Le dédale du malheur (les massacres « à la chaîne »/ Le dédale de la blessure (Vies et mort de journalistes) /Le dédale de la poussière (Discours démocratique et réalités du « pouvoir »/ Le dédale du dédale (Vie et masacres maquisards) / Le dédale des cauchemars (Le cauchemar continue) .....chacun d’entre-eux partant d’une hiane des « autres » et finissant dans des carnages inexplicables. « La, mort dans ce qu’elle a de plus nue, dépouillée, frappant à toutes les portes.....rugissant, écumant, grognant, aboyant, montrant les crocs. L’apocalypse, de chair et de sang, gueule béante.....d’où se déversent toutes les foudres du ciel »

L’Auteur : Journaliste, auteur et acteur de théâtre, admirateur de Kateb Yacine, né en 1958 à Sidi Bel Abbès,  diplômé en sciences politiques. A fondé et dirigé le quotidien  (en arabe puis aussi en francças, Djazair News, qui ne paraît plus) , actuellement, entre autres, éditorialiste-chroniqueur dans El Hayate, un quotidien arabophone

Pour sa part, Lotfi Nia , né à Alger en 1978, est traducteur de l’arabe vers le français et il déjà traduit plusieurs auteurs.La traduction- a .d.m.i.r.a.b.l.e -  de cet ouvrage lui apris près de derux années .

Extraits :  «  La fitna est un incendie auquel personne n’échappe, nulle part dans ce pays on ne saurait se mettre à l’abri. Le chaos est un danger mortel qui avance comme une troupe de goules déchaînées » (p15), « Quand le travail de la mort relève d’actions préméditées violemment imposées à autrui et à la nature, alors on peut dire qu’on force la mort à aller au-delà d’elle-même, et elle devient un monstre, la sur-mort est une offense envers la mort elle-même » (p 54)

Avis : Prose, poésie, écriture de théâtre, références littéraires, références religieuses, références historiques, analyses politiques....un mélange prenant , poignant, qui fait voyager dans le temps et l’espace , et.......cultive. De plus une maquette superbement arrangée (la « patte » de Ammar Bouras)  et une impression maitrîsée.A lire absolument .Sang et violence garantie !

Citations : « On arrivera à dépasser la civilisation du sang quand on arrêtera de la refouler dans l’oubli.....c’est de l’oubli que se nourrit la cilisation du sang » (p 24), « Le rai féminin est cri, crudité, condamnation, aveu, apreté, déballage, démence, ascension au-delà d’en deçà » (Bekhti Benaouda, cité p 94), « (Pour les islamistes fondamentalistes), le premier champ de bataille , c’est le discours «  (p 147),  « Dans ce pays (l’Algérie), le journaliste est devenu une sorte de victime plurielle. Il est victime de lui-même, victime de calculs erronés, victime d’illusions et de contre-vérités, victime des dérives de l’histoire, victime du pouvoir et de la société «  (p 163), « Nous les Arabes, on est les champions de la corruption. On est aussi doués dans la pratique de la corruption que dans sa condamnation » (p 206)