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Réserves de change -Solutions (10) Mebtoul

Date de création: 07-09-2016 12:17
Dernière mise à jour: 07-09-2016 12:17
Lu: 83 fois


FINANCES- ETUDES ET ANALYSES- RESERVES DE CHANGE- SOLUTIONS (10) MEBTOUL

Les dix solutions du Pr Abderrahmane Mebtoul

L’Algérie a un répit de seulement trois ans pour changer de cap et éviter de vives tensions  sociales (2018/2020). Alors que faire pour maintenir les 100 milliards de dollars qui tiennent la valeur du dinar, car à 10/20 milliards de réserves de change, la cotation officielle du dinar serait à plus de 200 dinars un dollar ? Pourra-t-on, comme annoncé, avoir seulement une sortie de devises de 22 milliards de dollars entre 2017/2018, soit annuellement 7 milliards de dollars ?(Aps, vendredi 2 septembre 2016)

« Comment compresser  les rubriques importations de biens et services, dynamiser les rentées annuelles de Sonatrach qui dépendront à la fois de la forte consommation inférieure, de la concurrence internationale et des cours futurs, dont l’Algérie n’a aucune emprise ? La première solution est une nouvelle gouvernance centrale et locale, une moralisation de la vie politique, sociale et économique, la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale pour un sacrifice partagé, et une réelle décentralisation autour de pôles régionaux dynamisant l’entreprise et l’économie de la connaissance.
La deuxième condition de la réhabilitation du travail source de la richesse de toute nation, évitant cette distribution de revenus sans contreparties productives ; évitant ces emplois fictifs pour une paix sociale éphémère que voile le taux de chômage officiel. La  troisième  solution est l’amélioration du climat des affaires, la bureaucratisation de la société, la réforme du système financier, socio-éducatif, et l’épineux problème du foncier. La quatrième solution est que tout projet doit être pensé par rapport aux normes coût/qualité/concurrence, donc selon les normes internationales par une lutte contre les surcoûts qui ont pris de proportions exorbitantes, parfois 20/30%, et donc d’avoir une vision stratégique au sein de filière internationalisées. La  cinquième solution est pour le développement pour les projets structurants, notamment dans les infrastructures de la technique du Build, Operate and Transfer(B.O.T), ce qui allégerait à court terme les tensions au niveau du budget devises de l’État, mais en étant conscient qu’à terme, il y aura transferts des profits. Rappelons que la  technique du  BOT repose principalement sur le modèle du «Project financing/project finance» qui est en substance une technique de financement où les prêteurs acceptent de financer un projet en se basant uniquement sur sa rentabilité et sa valeur propre. En pratique, le remboursement du prêt dépend principalement du cash-flow généré par le projet lui-même, de sorte que la capacité du projet à générer des revenus qui serviront au remboursement du prêt constitue la pierre angulaire du project financing. La sixième   solution est l’assouplissement de la règle des 49/51%( bilan mitigé à ce jour) pour les segments non stratégiques, devant définir avec précision ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas, où l’Algérie supporte tous  les surcoûts sans que souvent le partenaire étranger ne partage  les risques, remplacé par une minorité de blocage. La septième  solution est une exportation plus accrue des hydrocarbures, dont le prix dépend de facteurs externes échappant totalement à l’Algérie et là, attention aux faux calculs, comme ceux effectués par le Venezuela qui est au bord de la faillite. Les recettes de Sonatrach à un cours de 60 dollars le baril, la majorité des contrats de gaz dont le prix lui est indexé à long terme expirant entre 2018/2019 sont évaluées à 34 milliards de dollars, déduction des charges de 20%, donnant un profit net de 27 milliards de dollars qui s’ajoutent aux réserves de change actuelles. À 50 dollars, le profit net est de 21 milliards de dollars, et à 40 dollars, le profit est de 15/16 milliards de dollars. Entre 2016/2020, il est utopique de compter sur les exportations hors hydrocarbures (la maturation et la rentabilité de tout projet mis en œuvre en 2016 mettant au minimum en Algérie 4/5 ans au vu des contraintes bureaucratiques) dont les mines (voir nos différentes contributions, investissement lourd et entrées de devises faibles ). Le cours du pétrole le 1 septembre 2016 est coté à 46,37 le Brent et 44,12 le Wit, contrairement aux supputations hasardeuses de certains experts induisant en erreur le gouvernement, saura surmonter la crise actuelle. La huitième solution est un arbitrage nécessaire entre la satisfaction du marché intérieur et les exportations posant la problématique des subventions généralisées, source de gaspillages et d’injustice sociale, alors qu’elles doivent être ciblées. L’Algérie risque d’être un importateur net de pétrole horizon 2020/2025, devant miser sur le gaz et surtout sa transformation, dans le cadre d’un partenariat gagnant/gagnant. C’est que la majorité des contrats à moyen terme expirent entre 2018/2069, devant s’aligner sur le marché libre dit marché spot, étant impossible de concurrencer la Russie (fameux gazoduc Sibérie/Chine et l’Iran sur le marché asiatique, ne devant plus compter sur les exportations vers les  USA qui eux-mêmes exportent vers l’Europe,  le marché naturel  de l’Algérie étant le marché européen. D’où l’urgence de la transition énergétique et d’un nouveau modèle de consommation reposant sur un Mix énergétique dont les énergies renouvelables, tenant compte de la forte concurrence internationale. La neuvième solution que j’ai préconisée au gouvernement, depuis deux ans, est  l’endettement extérieur ciblé à long terme, mais uniquement pour les segments à avantages  concurrentiels de 30/50 milliards de dollars entre 2017/2020, afin de maintenir le niveau des réserves à 100 milliards de dollars, sinon les prévisions de 60 milliards de dollars de la Banque mondiale qui ont été établies, selon mes informations à Washington, à partir des données 2014/2016   de la Banque d’Algérie, horizon 2018 sont réalistes. La dixième solution, la plus sûre,  est d’avoir une vision stratégique, loin de tout replâtrage, les tactiques pour paraphraser les experts militaires, devant  s’insérer au sein d’une fonction objectif stratégique, ce qui fait cruellement défaut actuellement, comme l’a instruit le Président de la République, c’est d’aller vers de profondes réformes structurelles sans lesquelles l’on ne pourra pas faire émerger une économie diversifiée. Sans réformes, au-delà de 2020, même avec un endettement extérieur comme solution, il sera impossible de maintenir le niveau des réserves au vu de la situation économique fin 2016. En fait  ne pouvant dynamiser le tissu productif, actuellement en léthargie, par décret, les deux hypothèses les plus vraisemblables retenues pour avoir un niveau de réserves de change de 100 milliards de dollars entre 2018/2019 est de  miser sur un cours du baril de 70 dollars et plus, aller vers un endettement extérieur ou combiner les deux à la fois. Espérons des solutions plus pérennes.