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Essai A. Ruscio- Oas

Date de création: 29-08-2016 15:58
Dernière mise à jour: 29-08-2016 15:58
Lu: 102 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ESSAI A. RUSCIO – OAS

Nostalgérie. L’interminable histoire de l’Oas. Essai de Alain Ruscio. Hibr Editions G, Alger 2016 (Editions La Découverte, Paris, 2015),  316 pages, 850 dinars

Plus d’un demi siècle après, les pieds noirs et autres français tenants de l’ « Algérie française » , campent sur leurs positions, et pensent détenir la vérité sur leur « histoire »  ne supportant aucun regard critique sur ce qui fut leur « Algérie heureuse ». Pis encore, parfois accompagnés de leurs enfants et petits-enfants, ils sont  à l’offensive, tout particulièrement en France .....et dans certains pays où ils s’y sont réfugiés (la plupart en  Espagne du temps de la dictature fasciste de Franco,  en Israël aussi ....). Anciens mercenaires et fomenteurs de coups tordus, parfois criminels de haut vol, adeptes des méthodes expéditives  (au 19 avril 1962 seulement, l’auteur indique qu’il y a eu 15 355 attentats terroristes – « ratonnades », plastiquages, bombes, assassinats par balle ou au couteau de para....-  faisant 1 622 morts dont 239 Européens et 1383 « musulmans ». Un journaliste américain avait avancé au milieu de l’été 1962, 2 200 morts .....dont 71 en France) , parce qu’ « amnistiés » (seulement quatre condamnés à mort et exécutés, le dernier Bastien-Thiry en mars 63 ) et soutenus par des « anciens » devenus  « hommes politiques », parfois au pouvoir (beaucoup sont entrés dans l’Ump à sa création) ,  ils donnent des leçons à l’extrême droite et aux gaullistes de droite, tout le reste étant « descendu en flammes » . Quant aux Algériens et à l’Algérie,  « arabes » et « musulmans »  , ils  restent les « donneurs d’ordres », les « maîtres » de ceux qu’ils toujours considéré comme des « indigènes », des « sous-hommes » servant de subordonnés  et de boucs émissaires , devant obéir  au moindre événement

Les assassins d’hier sont exaltés et les criminels de l’Oas connus sont honorés à travers des plaques de rues ,  des stèles et des musées. L’auteur  note que la France comptait, fin 2013, quelques soixante -dix « lieux de mémoire » de cette nature. Sur les quatre vingt dix  ouvrages recensés à la mémoire  d’ « ex », l’auteur n’en a rencontré qu’un (1)  seul «  esquissant un remords »....Un lobby tenace, «  fabriquant de toutes pièces des concepts punching-balls ».....Heureusement faciles à démolir d’autant « qu’ils ne sont défendus par aucun historien sérieux »

Bref, comme le dit l’auteur, il y a « confiscation de la « nostalgérie » par l’Oas et ses héritiers »...un courant qui « bloque l’histoire » , empêchant , en France, les évolutions « nécessaires » quant à l’évaluation du passé colonial.

L’Auteur : Docteur en histoire, ayant consacré l’essentiel de ses (nombreux) travaux à l’histoire coloniale (Indochine, Cambodge , Vietnam....Dien Bien Phu, Vo Nguyen Giap...)  

 

Extraits : « La victoire ne va pas à celui qui torture, mais à celui qui a raison » (p 5, Jules Roy , cité en exergue) , « L’ère de la restauration coloniale. Une partie de la droite ? Non, une majorité.Car, après les giscardiens , la nouvelle génération ds gaullistes, ou s’affirmant tels, n’a plus gueère de scrupules à coopérer avec les anciens ennemis mortels »(p 240) ,  « Les cadavres de l’Oas et de l’Algérie française empuantissent toujours l’atmosphère. Une sorte de cancer révisionniste postcolonial a atteint une partie non négligeable de la socioété française » (p 246), « La France est-elle vouée à la rumination éternelle ?Son passé colonial va-t-il encore et toujours donner à l’air du temps cette odeur rance , cette « puanteur » dont parlaient Mauriac et Sartre ? Un combat mémoriel est en cours. Débloquer l’histoire , ce sera contribuer à libérer la société franaçaise » (p 252)

 Avis : L’auteur a estimé « nécessaire » de rappeler, à travers des faits, ce que furent et ce que firent les tenants de l’Algérie française et ce que fut et ce que fit l’Oas, matrice d’une certaine « écriture » de l’Histoire.Très difficile , très pénible à lire par ceux (Algériens et Européens libéraux) qui ont vécu , de près ou même de loin, les discriminations de la population coloniale (un « apartheid » au mur invisible)  et les tueries commises par  les « ultras »....qui ont commencé , de manière organisée, déjà le 18 novembre 1954 ; un groupe d’ultras ayant assassiné un cadre du Mtld ,cordonnier de son état à Bab El Oued...

Citations : « La victoire ne va pas à celui qui torture, mais à celui qui a raison » (Cité en exergue : Jules Roy, in « J’accuse le général Massu », Seuil, Paris 1972), « Il n’y a pas de défaut plus rédhibitoire , en Histoire, que de commencer par ce qui apparaît au commun des mortels comme le début...La guerre d’Algérie a commencé le 14 juin 1830 » (p 17), « Juxtaposer deux éléments, c’est les mettre côte à côte, sans espoir-et d’ailleurs sans volonté- de les voir se mélanger à un moment ou à un autre » (p 24) , « La décolonisation des esprits et des imaginaires s’est révélée bien plus longue à mettre en place que celle des territoires. Un siècle et plus de travail de sape du « parti colonial », cela laisse des traces «  (p 231)